La Bretagne est la région qui a consommé le plus de foncier ces dix dernières années (construction, urbanisation...) Pour favoriser l’émergence de projets collectifs, en habitat et activités, le Conseil régional a voté la création d’une structure de portage foncier sur le long terme.Avec la question de l’ouverture d’un nouveau chapitre de la décentralisation, c’était l’un des grands dossiers de la session plénière du Conseil régional qui s’est tenue du 15 au 17 octobre à Rennes. Placés sous le signe de l’accélération des transitions écologiques dans un contexte budgétaire contraint, les débats ont entériné le vote d’une structure de portage foncier sur le long terme.
Celle-ci sera créée début 2026, en lien avec la SemBreizh, opérateur régional d'économie mixte, l’Etablissement public foncier (EPFB) et la Banque des territoires. La Sembreizh y investira 10 millions d’euros, dont 5 millions dès cette année, pour une force de frappe globale d’investissement estimée à 100 millions d’euros. Il s’agit d’une première en France sur un périmètre aussi large.
« Créer les logements de 2050 ou de 2060 »
Dans une région dynamique sur le plan démographique, où seuls 9.000 hectares seront à répartir d'ici à 2030 (18.000 en 2023) et où la crise du logement freine les ambitions des jeunes actifs voire les recrutements des entreprises, l’objectif de la future foncière est simple : acheter des terrains pour des projets d’intérêt collectif, logement ou activités économiques, alors que l’espace disponible se réduit.
La mise en œuvre du dispositif Zéro artificialisation nette (ZAN), instauré par la loi Climat et Résilience d'août 2021, vise en effet à réduire la consommation des terres agricoles et d'espaces naturels de 50% d'ici à 2031, puis de 50% de nouveau entre 2031 et 2050.