Alors que le ministre des PME et du commerce Serge Papin a dévoilé le 12 novembre dernier son plan de mesures pour relancer l’attractivité des centres-villes en France, les commerçants de Tours pointent un déclin accéléré de leur activité. Explications.Auparavant baptisée « le petit Paris », en référence à son riche tissu commercial, la capitale de la Touraine, relativement préservée jusqu’à présent, est-elle en train de connaître les mêmes déboires que d’autres agglomérations de taille équivalente? Le collectif « Sauvons notre centre-ville», qui regroupe 250 commerçants tourangeaux de l’hypercentre (sur environ 800), a tiré début novembre la sonnette d’alarme. Si le taux de vacance des magasins se situerait à Tours à environ 10%, soit quatre points de moins que la moyenne de l’Hexagone (14%), leur chiffre d’affaires aurait lui baissé de 24% depuis 2021, date de la fin de la pandémie de covid 19, d’après le collectif.
« Les causes de ce recul du commerce local sont multi-factorielles avec au premier chef des raisons identiques qu’au plan national, à savoir la concurrence du-e-commerce, la baisse du pouvoir d’achat et le contexte géopolitique international anxiogène, explique Valérie Aston, porte-parole du collectif « Sauvons notre centre-ville ». Reste que localement, les difficultés d’accès et de stationnement au cœur de Tours, du fait notamment de la suppression de 600 places de parking pour permettre la construction de pistes cyclables, se sont largement accrues».
Appauvrissement qualitatif
Résultat, il manquerait à l’appel entre 20 et 30% des clients de l’extérieur par rapport à 2021, découragés et préférant désormais fréquenter les quatre zones commerciales qui ceinturent la ville, selon la commerçante. Des chiffres non confirmés par l’adjoint au commerce de Tours, Iman Manzari, qui n’a pu être joint par La Tribune.
« Le recul du commerce tourangeau ne se situe pas tant en termes de quantité que de qualité. Un signe concret atteste de ce décrochage, la fermeture annoncée du magasin de luxe Hermès, remarque de son côté l’ancien maire Christophe Bouchet, candidat (parti radical) aux prochaines élections municipales en mars 2026. Or, le maintien de magasins indépendants, différents des enseignes qu’on retrouve partout, était l’un des premiers atouts du centre-ville de Tour pour rester attractif à des dizaines de kilomètres à la ronde ».