L’Observatoire des énergies marines renouvelle le constat d’une filière française à la peine en 2025, freinée par le manque de chantiers.
Les derniers chiffres de l’Observatoire des énergies marines ont été dévoilés ce 19 mai à l’occasion de Seanergy à Nantes, le grand rendez-vous annuel de la filière qui regroupe un écosystème d’activités industrielles, d’ingénierie et de services, allant de la conception des technologies à leur fabrication, leur installation en mer et leur maintenance. Et le constat est clair : éoliennes marines, hydrolien (énergie des courants)... les innovations ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées.
L’année 2025 a en effet marqué une inflexion nette pour la filière française des énergies marines renouvelables (EMR). Les principaux indicateurs économiques ont viré au rouge. D'après l'OEM, l’emploi recule de 7 %, soit 559 équivalents temps plein perdus, tandis que les investissements (2,7 milliards d’euros) enregistrent une baisse de 11 %, confirmant une tendance déjà amorcée.
Le chiffre d’affaires, lui, chute plus fortement encore, à -20 % sur un an pour atteindre 3,2 milliards d’euros.
Cette contraction s’explique d’abord par un ralentissement de l’activité industrielle particulièrement visible chez les sous-traitants et fournisseurs. L’export souffre davantage (-41%), avec une chute marquée liée au repli des activités de fabrication et d’assemblage (-55%).
Le manque de projets en ligne de mire
À l’origine de ce trou d’air selon l'OEM : un déficit de projets en construction. Les données de l’observatoire montrent une corrélation directe entre le volume de chantiers et le niveau d’emploi dans la filière. Moins de parcs en travaux signifie mécaniquement moins d’activité industrielle et de retombées économiques.
Après plusieurs années dynamiques portées par des mises en chantier successives, le rythme s’est ralenti. En 2025, seuls quelques parcs sont encore en construction et les nouvelles attributions de projets restent irrégulières. Et ce manque de visibilité pèse sur les stratégies industrielles, certaines entreprises ajustant leurs investissements ou leurs effectifs.
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