Malgré l’explosion des dépenses sociales, le département du Maine-et-Loire peine à assurer un pilotage efficace de ses politiques publiques, selon le dernier rapport de la chambre régionale des comptes Pays de la Loire.
Contrôle interne lacunaire, données insuffisamment exploitées, qualité des services peu mesurée... la chambre régionale des comptes (CRC) pointe des fragilités structurelles. Le Département conteste toutefois le diagnostic d’une « défaillance généralisée ».
Malgré un budget social de plus en plus contraint, le Département du Maine-et-Loire peine encore à se doter d’un véritable pilotage de la performance. C’est l’un des constats majeurs dressés par la chambre régionale des comptes Pays de la Loire, dans son dernier rapport publié le 30 juin.
Les magistrats relèvent notamment l’absence de cartographie globale des risques, un contrôle interne insuffisamment structuré et des outils de gestion qui ne permettent pas un suivi fiable et homogène des politiques publiques. Plus préoccupant encore, le Département ne dispose pas toujours d’indicateurs lui permettant de mesurer concrètement la qualité des services rendus aux habitants. Ces lacunes concernent plusieurs champs d’intervention majeurs parmi lesquels l’action sociale, l’aide à domicile ou encore la gestion des ressources humaines.
Des outils de gestion jugés inadaptés
La CRC met également en lumière une organisation éclatée de l’information. Le système d’information repose sur une multitude d’applications métiers, dont les données sont peu croisées, limitant les capacités de contrôle et de détection d’éventuelles anomalies. Cette fragmentation complique aussi l’évaluation des politiques publiques et la mesure de leur efficacité.
Autre point sensible : le contrôle des prestations financées par le Département. Les magistrats estiment que les vérifications de l’effectivité de certaines aides demeurent insuffisantes, exposant potentiellement la collectivité à des risques d’erreurs ou de paiements indus.
Ces faiblesses interviennent alors que la pression financière s’accentue sur les départements. Avec l’augmentation des dépenses liées à l’autonomie, au handicap ou encore à la protection de l’enfance, la capacité à piloter finement l’action publique devient un enjeu central.
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Le Département réfute une « défaillance généralisée »
Face à ces critiques, le Département reconnaît certaines insuffisances mais refuse de parler d’une crise de gouvernance. « Le Département reconnaît certaines fragilités en matière de pilotage, de contrôle interne et d'exploitation des données mais conteste l'idée d'une défaillance généralisée », indique-t-il dans sa réaction transmise à La Tribune ce lundi 6 juillet.