Alors que le marché a été secoué, notamment par des scandales, le groupe, gestionnaire d’établissements pour personnes âgées et fragiles, s’est imposé en privilégiant notamment un maillage territorial maîtrisé.La dynamique ne se dément pas : en 2025, le marché des résidences senior a continué de bien se comporter, confirmant une tendance qui s’est enclenchée post-crise sanitaire. Deux facteurs à cela : l’évolution démographique et l’évolution sociétale. D’un côté le baby-boom des années 45-75 qui se transforme en papy-boom, de l’autre, la recherche de confort et la lutte contre un certain isolement font office de vecteurs de développement pour un secteur qui s’est lui-même structuré face à la demande, alors que celui, plus vaste, des services à la personne génère un chiffre d’affaires de près de 18 milliards d’euros.
Sur le segment des établissements pour personnes âgése et fragiles, trois principaux acteurs se répartissent le marché, dominé par Clariane, ex-Korian, suivi de DomusVi, lequel précède Emeis, ex-Orpéa. Longtemps, DomusVi, créé par Yves Journel dans le Sud en 1983, a trusté la troisième place. Mais à coups de consolidation et de stratégies de différenciation, les rôles ont été redistribués.
Croissance maîtrisée
Domusvi a notamment parié sur un maillage territorial « maîtrisé ». Pas de course à la taille donc mais plutôt à une gestion des établissements qui conserve un caractère de proximité. Ainsi si le groupe a inauguré récemment deux nouveaux établissements – une résidence médicalisée et une résidence autonomie – à Marseille, l’objectif est de ne pas dépasser 15 établissements maximum par région, se calquant ainsi sur le maillage des ARS, les agences régionales de santé. Avec un modèle d’ailleurs totalement décentralisé. « Les directeurs d'établissement sont entièrement autonomes. Ce sont eux qui construisent le projet d’établissement et qui gèrent la politique sociale. Nous sommes là pour les aider à le réaliser. C'est peut-être caricatural, mais cela est bien l'état d'esprit », insiste Eric Eygasier, directeur général France depuis 2018, un profil atypique dans le milieu socio-médical, puisque c’est plutôt le retail qui était jusqu’alors le domaine d’expertise de cet ex-Darty et ex-Lagardère Travel Retail.