Tous se l’accordent à dire, le jumeau numérique en santé va révolutionner la pratique de la médecine, qu’il s’agisse d’aide au diagnostic, de choix des thérapies ou encore de préparation et d’optimisation des interventions chirurgicales. Mais c’est dans le domaine de l’innovation thérapeutique et des essais cliniques que celui-ci a pris le plus d’avance. « L’adoption y est plus mature », confirme Muriel Benitah, présidente et co-fondatrice de MedinTechs, le salon de l’innovation en santé dont l’édition 2026 se déroulera en mars prochain à Paris et où le jumeau numérique et l’IA tiendront bonne place. « On constate une accélération des projets, poursuit Stéphanie Allassonnière de l’Université Paris Cité, membre du comité scientifique de l’événement et directrice adjointe de l’IA Cluster Prairie-PSAI, notamment dans le cadre de l’optimisation des essais cliniques : recrutement, préqualification des patients ou encore construction de bras de contrôle externes, autant de domaines où les conditions réglementaires ne constituent pas de frein particulier. »
Une brèche dans laquelle se sont engouffrées et s’engouffrent encore nombre d’entreprises, de la start-up au grand compte, qui investissent le sujet de la médecine prédictive et personnalisée. « Une vague déferle en ce moment sur les essais in silico, c’est-à-dire réalisés sur des cohortes de patients virtuels. L’industrie s’en empare clairement du fait des bénéfices générés, tant d’un point de vue économique qu’éthique », témoigne Frédéric Dayan, dont la jeune pousse Exact Cure, basée à Nice et spécialiste du jumeau numérique en santé, a été rachetée en 2025 par la CRO bretonne Biotral, n°1 français des essais cliniques qu’elle pilote pour le compte de laboratoires pharmaceutiques et de biotechs. La contract research organization, active en France et aux Etats-Unis, ajoute ainsi ce volet prometteur à son éventail d’activité.