Instant cocasse pendant la dernière conférence de presse de Thomas Voeckler à Kigali (Rwanda), où se déroulent les championnats du monde de cyclisme. En lisant une question posée à distance sur le résultat souhaité pour la course en ligne masculine aujourd’hui (à partir de 9 h 45 sur France TV), la chargée de communication la juge « bête ». Le sélectionneur corrige aussitôt : « Non, ce n’est pas une question bête. Le seul objectif, c’est d’être champion du monde. »
Après le doublé 2020-2021 de Julian Alaphilippe, ce serait la troisième fois depuis que Voeckler a été nommé à ce poste en 2019 – sans compter le triomphe européen de Christophe Laporte en 2023. Sur cette période, aucune nation n’a fait mieux.
L’ancien maillot jaune du Tour de France (vingt jours en 2004 et 2011) n’a pas de « mode d’emploi », mais cette fois sa sélection repose sur « un début de transmission entre générations ». Il peut composer avec des anciens toujours compétitifs et des jeunes déjà affûtés. Dans la première catégorie, on retrouve Alaphilippe, « l’âme de cette équipe » d’après le sélectionneur, séduit par sa victoire au Grand Prix de Québec, il y a quinze jours. Également âgé de 33 ans, Julien Bernard est « ce qui se fait de mieux au monde en matière d’équipier ». Il n’avait pas compté ses coups de pédale lors de la victoire mémorable à Imola en 2020.
Valentin Madouas non plus. Le médaillé d’argent des Jeux olympiques n’a rien gagné cette année, mais le sélectionneur le juge plus que jamais fiable. Le genre de guerrier indispensable pour avaler les neuf tours de « toboggan » du circuit rwandais (5 475 mètres de dénivelé et un passage à 1 850 mètres d’altitude). On n’a pas vu vieillir l’autre pilier du collectif tricolore, Pavel Sivakov (28 ans), équipier à l’année du Slovène Tadej Pogacar, lequel est évidemment favori devant le Belge Remco Evenepoel. Un élément crucial pour contrôler la course. Ou l’emballer.