La panne des taxis Waymo à San Francisco, reflet d'une stratégie « zéro risque »
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Plusieurs dizaines de véhicules comme celui-ci sont restés bloqués à des feux rouges.
X / Network Axis
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Plusieurs dizaines de véhicules comme celui-ci sont restés bloqués à des feux rouges.
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Samedi soir à San Francisco, les conducteurs en retour de soirée devaient slalomer entre des dizaines de Waymo, ces taxis autonomes bloqués en plein milieu de la route. Les vidéos ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, ironisant sur la panne de ces véhicules à la pointe de la technologie, immobilisés en pleine rue avec les feux de détresse allumés. Face à l'ampleur du chaos, la mairie de San Francisco a directement contacté Waymo pour demander la suspension du service. L'entreprise, propriété d'Alphabet (la maison mère de Google), s'est exécutée et n'a repris ses opérations que dimanche après-midi, une fois la situation revenue à la normale.
Si le réflexe naturel serait de blâmer les défauts techniques de ces systèmes, le problème vient en réalité de la source même des données que captent ces véhicules puisque le réseau routier de la ville est lui aussi tombé en panne. Un incendie survenu dans une sous-station électrique a privé d'électricité une grande partie de San Francisco et impacté toute l'infrastructure urbaine : feux de circulation éteints, réseau de transport en commun perturbé et, bien sûr, par dommage collatéral, ces fameux Waymo paralysés. Le maire Daniel Lurie a même appelé les habitants à éviter de prendre la route sauf en cas de nécessité absolue, tant la circulation était devenue chaotique.
Les véhicules autonomes sont pourtant loin d'être bons pour la casse, sachant même qu'ils ont appliqué des mesures de sécurité standard. Les Waymo fonctionnent grâce à un arsenal de capteurs sophistiqués : radars, lidars, caméras. Mais ils s'appuient aussi sur les infrastructures de la ville, notamment les feux de circulation. Quand ces infrastructures tombent en panne, le véhicule se retrouve face à une équation impossible.
« Le créneau de base pour les sociétés de voiture autonome, c'est le zéro risque. Quand il y a des situations ambiguës et que le système doit prendre des décision dans une situation en dehors de la normale, il ne prend aucun risque », nous explique Jean Cabanes, directeur exécutif Industries chez Accenture, pour l' Europe le Moyen Orient et l'Afrique. « Dans cette situation, les infrastructures de la ville sont tombées et le véhicule se dit par principe qu'il vaut mieux être à l'arrêt que risquer un accident », poursuit-il.