Si l’opération de 83 milliards de dollars passe l’obstacle des régulateurs, elle donnera naissance à un géant d’une puissance inédite à Hollywood. Une menace potentielle sur la création et la concurrence qui suscite de nombreuses craintes.
Ce vendredi 5 décembre, beaucoup se sont certainement réveillés avec la gueule de bois à Hollywood. Les concurrents de Netflix, c’est-à-dire Paramount+, Disney+, Peacock (Comcast), Amazon Prime Video ou encore Apple TV+, mais aussi un certain nombre de réalisateurs et d’acteurs, dont James Cameron, ont vu leur cauchemar devenir réalité.
Alors que Paramount Skydance, dirigé par un proche du président Trump, David Ellison, faisait figure de grand favori depuis le mois d’octobre pour racheter le studio de cinéma et de télévision centenaire Warner Bros Discovery (WBD), c’est finalement Netflix qui a raflé la mise dans la dernière ligne droite.
Le numéro un mondial de la vidéo à la demande sur abonnement (SVoD) va débourser pas moins de 83 milliards de dollars — un record dans l’industrie du divertissement — pour avaler WBD. Les actionnaires récupéreront 27,75 dollars par action, ce qui valorise l’entreprise à 72 milliards de dollars, hors dette. Assez proche des vœux du conseil d’administration, qui souhaitait un chiffre autour de 75 milliards de dollars hors dette.
Un catalogue combiné d’une puissance inédite
Ce rachat est la plus grosse opération de consolidation à Hollywood depuis le rachat de Fox par Disney, pour 71 milliards de dollars, en 2019. Si la transactionobtient l’aval des régulateurs, Netflix obtiendra certains des actifs médias les plus précieux de WBD, notamment son studio de cinéma et de télévision avec sa cohorte de blockbusters (la saga Le Seigneur des anneaux, Dune, Harry Potter, Matrix, les séries Friends et The Big Bang Theory…), mais aussi le prestigieux HBO (Game of thrones, Succession, Les Soprano…) et la plateforme de streaming HBO Max, numéro 4 du marché aux États-Unis avec 125 millions d'abonnés dans le monde. A titre de comparaison, Netflix revendique 301 millions d'abonnés, 240 millions pour Prime Video et 128 millions pour Disney+.
En revanche, l’accord n'intègre pas les chaînes de télévision en direct – comme CNN, TNT Sports et Discovery —, qui se réuniront courant 2026 au sein d’une nouvelle entreprise dirigée par Gunnar Wiedenfels, actuellement directeur financier de Warner Bros. Discovery, dans le cadre d’une séparation des activités annoncée en juin dernier en une branche « studios et streaming » et une branche « linéaire ». Le rachat ne pourra devenir effectif qu’une fois la séparation des deux entités effectuée, soit pas avant 18 ou 24 mois, d’après les médias américains.
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