Alors que le franco-italien STMicroelectronics fait face à la morosité des marchés automobiles et industriels, la récente acquisition d’une division de son concurrent néerlandais NXP, suivie d’un accord signé avec l’américain Amazon Web Services, laissent entrevoir de nouvelles perspectives pour 2026.Une éclaircie serait-elle enfin en vue pour STMicroelectronics ? A l’heure où le fabricant de puces électroniques aux 50 000 collaborateurs (qui fournit essentiellement le secteur de l'automobile : Tesla, Bosch, Continental, Denso, mais aussi l'industrie et des acteurs de la tech, comme Apple) signait encore jeudi 29 janvier dernier des résultats encore mitigés pour son exercice 2025, le groupe franco-italien se retrousse les manches et s’active pour poser les jalons de sa reprise.
En témoigne en premier lieu l’annonce, une semaine plus tard, du rachat de l’activité capteurs MEMS de son concurrent européen NXP Semiconductors. Une opération « centrée sur les produits pour l'automobile (dont les produits de sécurité), et les capteurs pour les applications industrielles », qui vise à « étendre le positionnement mondial du groupe franco-italien en matière de capteurs ». Et qui devrait ainsi « contribuer à son chiffre d'affaires du 1er trimestre 2026 à hauteur d'un montant dans la fourchette autour de 45 millions de dollars (MUSD) » précisait STMicroelectronics dans sa communication du 2 février dernier.
Une acquisition jugée suffisamment stratégique pour que STMicroelectronics se décide également à débourser tout de même 950 millions de dollars, à l’heure même où ses derniers résultats ne sont pas au beau fixe, comme en témoigne la perte nette enregistrée au premier semestre 2025, ainsi que son plan de réduction des coûts et de départs volontaires de 2 800 salariés sur trois ans, acté le 10 avril dernier.
« Jusqu’ici, STMicroelectronics faisait beaucoup de choses sur le volet des microcontrôleurs et des composants de puissance pour l’automobile, mais très peu de capteurs – alors qu’ils en développaient pour d’autres marchés, comme celui des smartphones avec Apple -. C’est donc une forme de rééquilibrage pour le groupe, qui va lui permettre de doubler quasiment la taille de son marché et de diversifier son portefeuille clients », contextualise Jean-Christophe Eloy, président du cabinet de conseil lyonnais spécialisé dans la microélectronique, Yole Développement.