Richard Marko (Eset) : « Une puissance étrangère dont on dépend peut parfaitement couper toutes nos messageries »
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Richard Marko, CEO d’Eset
Eset
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Richard Marko, CEO d’Eset
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L’intelligence artificielle est loin d’être une nouveauté pour les experts de la cybersécurité. Mais force est de constater que les derniers projets sortis des laboratoires de la Silicon Valley viennent bousculer un secteur où les champions règnent depuis longtemps, et suscitent autant d’enthousiasme que d’interrogations. Dans quelle mesure ces nouvelles solutions d’IA peuvent-elles réellement chambouler le marché ?
Eset, leader européen de solutions de sécurité et présent dans 195 pays, fait partie de ces rares acteurs du Vieux Continent qui continuent de tenir tête aux mastodontes américains et asiatiques. Entre la peur de rater le coche savamment entretenue par la Silicon Valley, les impératifs de souveraineté numérique européenne et la militarisation croissante du cyberespace, Richard Marko, directeur général du groupe, nous livre un regard pragmatique sur les réalités d’un secteur en pleine mutation.
Le milieu de la cybersécurité a été secoué par l’annonce de Mythos, le logiciel de découverte de failles d’Anthropic, présenté comme une révolution par le nouveau champion de l’IA. Le programme reste toutefois très confidentiel. Comment avez-vous accueilli cette annonce ?
Il y a une part de mystère soigneusement entretenue. Peu d’entreprises y ont accès, et la majorité d’entre elles sont américaines. Mythos a également été qualifié de « trop dangereux » pour le grand public, comme les premières versions de ChatGPT par ailleurs, sans que l’on comprenne concrètement ce qu’Anthropic entend par là. Je pense qu’au fond, il y a aussi une volonté de susciter l’intérêt du reste du monde, d’attirer le public et les médias.
Cela dit, ce qu’Anthropic fait concrètement pour les développeurs est indéniablement positif. Ils ont apporté de nombreux outils innovants dans le domaine du code et continuent sur cette lancée. Mais détecter une faille, c’est une chose. La corriger, y compris dans des systèmes complexes, comprendre pourquoi elle existe et s’assurer qu’elle ne se reproduira pas, c’est un travail plus long et minutieux.
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