UBI Solutions, spécialiste dijonnais de la traçabilité connectée, poursuit sa stratégie de croissance externe en reprenant CEMI, une PME placée en redressement judiciaire en février dernier. Au-delà du sauvetage d'une entreprise historique, l'opération illustre la volonté du groupe de consolider un marché composé de nombreuses sociétés vieillissantes.Pour UBI Solutions, cette acquisition répond à une logique bien précise. Fondée au début des années 1980, CEMI s'était imposée comme un acteur reconnu de la traçabilité par codes-barres avant de peiner à prendre le virage du numérique, jusqu'à son placement en redressement judiciaire en février dernier.
Si son offre technologique s'est progressivement essoufflée, l'entreprise conserve un atout de taille : un portefeuille de clients fidèles, parmi lesquels Intersport, Chronopost et de nombreuses PME industrielles. « Nous n'achetons pas une technologie, nous apportons la nôtre. Ce que nous recherchons avant tout, c'est un portefeuille clients solide et des équipes qui entretiennent depuis vingt ans une véritable culture de la satisfaction client », résume Fabrice Zerah, président d'UBI Solutions. L'entreprise dijonnaise entend désormais moderniser ses offres grâce à ses propres développements technologiques. Depuis plusieurs années, elle investit massivement en recherche et développement autour de la RFID, de l'Internet des objets (IoT) et de l'intelligence artificielle. Ses nouvelles balises de géolocalisation permettent par exemple, de suivre en temps réel des palettes ou des équipements logistiques partout dans le monde, pour quelques euros seulement, tandis que ses algorithmes détectent les anomalies de transport, les immobilisations anormales ou les pertes de marchandises afin d'améliorer la performance opérationnelle et de réduire l'empreinte carbone.
La reprise des PME comme levier de développement
Cette opération constitue la première étape d'une stratégie de croissance externe beaucoup plus ambitieuse. Forte d'une levée de fonds de 70 millions d'euros, UBI Solutions prévoit déjà d'autres acquisitions d'ici la fin de l'année. Le groupe cible des PME françaises créées dans les années 1980 ou 1990, souvent dirigées par leurs fondateurs, qui disposent d'un savoir-faire reconnu et d'une clientèle fidèle mais n'ont pas engagé leur transformation numérique. « Il existe aujourd'hui un véritable enjeu économique autour de ces entreprises. Beaucoup de dirigeants arrivent à l'âge de la retraite, n'ont pas trouvé de repreneur et n'ont pas pris le virage du digital ou de l'intelligence artificielle. Nous voulons leur apporter nos technologies tout en nous appuyant sur leur savoir-faire et leurs clients », explique Fabrice Zerah.