Lorsqu'une tumeur cérébrale se développe, elle s'infiltre souvent au cœur même des réseaux qui contrôlent les fonctions essentielles du cerveau, et pour le neurochirurgien, l'enjeu consiste alors à retirer le plus de tissu tumoral possible tout en préservant les capacités du patient à parler, se déplacer, voir ou mémoriser.
François Bonnetblanc est chercheur de l’Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA), à l’Université de Montpellier. Cela fait notamment quinze ans que cet électrophysiologiste étudie la « chirurgie éveillée » dans le traitement des cancers du cerveau. Après l’ouverture du crâne sous anesthésie, le patient est réveillé pour participer à une cartographie cérébrale par stimulations électriques, permettant de donner des indications au chirurgien sur ses capacités cognitives et motrices afin de l’aider à localiser la zone du cerveau à traiter. « Mais ce n’est pas faisable dans tous les cas », fait observer François Bonnetblanc, avant d’expliquer la technique qu’il est en train de mettre au point pour mieux cartographier le cerveau en vue d’une opération chirurgicale pour l’ablation d’une tumeur cérébrale.