L'intelligence artificielle s'imposera sans doute comme l'un des thèmes de la campagne présidentielle. Les écologistes se saisissent du sujet en présentant « un carnet de doctrine » sur le numérique, dont les maîtres mots sont de réduire le gigantisme et de favoriser la « technodiversité ».La campagne présidentielle de 2027 ne devrait pas échapper au sujet omniprésent de l’intelligence artificielle. L’un des premiers partis à dégainer : Les Écologistes, qui ont publié le 1ᵉʳ juillet 2026 leur « carnet de doctrine numérique ». Marine Tondelier présente le texte comme une forme « de cadre de pensée ». Des mesures plus précises seront présentées dans la « plateforme programmatique » du parti le 11 juillet.
La secrétaire nationale des Écologistes, accompagnée de la députée de l'Isère Cyrielle Châtelain et de l'eurodéputé David Cormand, tenait une conférence de presse au Salon de la Souveraineté Numérique à Paris. « Le choix du salon est délibéré, précise David Cormand. Il y a beaucoup d’événements tech, mais le thème de la souveraineté est important car nous sommes à un croisement où le pouvoir public doit reprendre le contrôle sur les infrastructures numériques qui dépendent de la gouvernance des États. »
Restreindre la taille des modèles selon leur usage
Le mot d’ordre de leur doctrine : davantage de « techno-diversité » et « moins de gigantisme ». L’idée est de revenir à un numérique tel qu’il avait été idéalisé dès les débuts d’Internet, avant que ces idéaux soient détournés par une trop forte concentration autour de quelques acteurs, selon la lecture des Écologistes. « La principale préoccupation reste pour nous la sobriété. Le numérique peut pousser les limites très loin. Mais nous ne sommes pas sûrs de vouloir les pousser », rappelle Marine Tondelier.
S’il ne s’agit pas du programme officiel, les trois élus ont tout de même donné un aperçu des mesures sur le numérique qui devraient être annoncées. « Nous souhaitons assainir les débats autour de l’IA, en généralisant par exemple le marquage de l’ensemble des contenus générés par IA, imposer une proportionnalité entre la taille des modèles d'IA utilisés et la complexité réelle des requêtes, pour casser la logique du gigantisme et réduire le coût énergétique », expose Marine Tondelier. Également évoqué : « le financement de la recherche publique sur le refroidissement des serveurs, la sobriété énergétique et l'allongement de la durée de vie des composants. »