Mathieu Hazouard, conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine délégué aux enjeux numériques et président du Campus cyber et Guy Flament, directeur du Campus cyber Nouvelle-Aquitaine, le 6 novembre à Pessac pour le lancement officiel du dispositif 17cyber...
Le dispositif national 17cyber propose une assistance en ligne pour toutes les victimes de cyberattaques. Pour la première fois, ce guichet unique est régionalisé en Nouvelle-Aquitaine pour améliorer la prise en charge. Explications.
Il n’y a désormais plus qu’un point d’entrée pour un particulier, une entreprise, une association ou une collectivité victime d’une cyberattaque ou de cybermalveillance : la plateforme nationale 17cyber.gouv.fr. La Nouvelle-Aquitaine va même plus loin. Le Centre de réponse à incident Nouvelle-Aquitaine, géré par le Campus cyber qui compte neuf opérateurs à Pessac est rattaché, depuis le 20 octobre, au dispositif national opéré par le groupement d’intérêt public Action contre la cybermalveillance (GIP Acyma). Cette organisation vise à apporter une réponse rapide, coordonnée et de proximité.
Comment fonctionne la plateforme et qui peut s’en servir ?
Toute victime de cybermalveillance, qu’il s’agisse d’un particulier, d’une entreprise ou association, d’une administration ou collectivité, est invitée à se rendre sur la plateforme nationale 17cyber.gouv.fr pour y rentrer son profil, son code postal et préciser la nature de l’attaque subie, ce qui permet à la plateforme d’établir un diagnostic. Cela peut être, par exemple, un rançongiciel. À partir de là, une liste de recommandations est dressée selon le degré de priorité. Un accompagnement au dépôt de plainte est également proposé avec la possibilité d’ouvrir un tchat 24h/24 et 7j/7 pour échanger avec un policier ou un gendarme et lui exposer la situation pour obtenir des conseils personnalisés.
La plateforme propose enfin de demander une assistance technique, et c’est là que le Centre de réponse à incident régional, opéré par le Campus cyber Nouvelle-Aquitaine, peut entrer en action pour un accompagnement technique. Si la victime est une entreprise, la plateforme propose une mise en relation par téléphone avec un opérateur qui répond en moyenne en 90 secondes. Ce dernier accède au détail de l’incident et va qualifier la menace avant de mettre en relation la victime avec un prestataire privé labellisé ExpertCyber, au nombre de seize en Nouvelle-Aquitaine, ou simplement référencé pour la réalisation des opérations de remédiation.
Quels sont les avantages de cette plateforme désormais régionalisée ?
L’objectif est d’abord de simplifier et de gagner en visibilité. « Ce guichet unifié permet de masquer la complexité de nos organisations auprès des bénéficiaires », souligne Guy Flament, directeur du Campus cyber Nouvelle-Aquitaine. Auparavant, la victime devait déterminer seule si elle devait contacter Pharos, Thésée, le Centre gouvernemental de veille, d’alerte et de réponse aux attaques informatiques (CERT-FR) ou un prestataire technique privé. Avec le 17cyber, elle est guidée à partir d’un seul point d’entrée vers les bons interlocuteurs qui peuvent être multiples, entre les acteurs institutionnels, les forces de l’ordre ou les prestataires privés qualifiés, mais aussi les avocats spécialisés dans le droit numérique ou encore la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (Ddets) qui finance l’activité partielle en cas de cyberattaque.
La victime devrait donc gagner du temps et n’aura plus à se répéter. Tout est tracé. C’est aussi un gain de temps pour toute la chaine. Depuis le rattachement du Centre de réponse à incident Nouvelle-Aquitaine à la plateforme nationale, la durée moyenne d’un appel avec un opérateur est tombée à 15 minutes en moyenne contre 45 minutes auparavant. Le prestataire privé reçoit quant à lui une demande qualifiée.
Newsletter
Tech & IA
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.
Quel est l’intérêt de cette plateforme dans le cadre plus global de la lutte contre la cybercriminalité ?
L’objectif majeur du guichet unique est de disposer de chiffres consolidés et d’éviter les doublons dans les déclarations, sachant que pour un fait avéré, 200 à 250 atteintes ne seraient pas déclarées. Orl’objectif est bien que tous les incidents soient signalés. « C’est à ce prix-là que nous réussirons à développer nos moyens et que les réponses seront à la hauteur de ce que subissent les entreprises, les collectivités et même les particuliers. Si toutes les victimes se font connaître, nous aurons enfin la connaissance de la vraie pression des attaquants sur l’ensemble de la société française », souligne Guy Flament.Ce à quoi Jérôme Notin, directeur général du GIP Acyma ajoute que « si on va encore plus loin, la puissance publique mettra plus de moyens pour lutter contre la cybercriminalité. »
Face à des menaces numériques toujours plus nombreuses, 78 % des entreprises dans le monde prévoient d’augmenter leur budget cybersécurité cette année, selon l’édition 2026 de l’étude Global Digital Trust Insights de PwC dévoilée le 6 novembre. Mais si près d’un responsable cybersécurité sur deux se dit relativement prêt à faire face à une cyberattaque ciblée, seuls 6 % affichent une confiance totale.