Le groupe français accélère ainsi le déploiement de son modèle, qui vise à proposer des infrastructures IA en proximité, grâce notamment à ces mini datacenters, appelés Policloud. L’accord signé avec le consortium CloudGrid Energy concerne seize sites en France mais aussi en Espagne ou en Italie.La vision de David Gurlé prend forme à un rythme, somme toute, rapide.
L’ex-dirigeant de la fintech américaine Symphony – dont le centre de R&D est basé à Sophia-Antipolis – s’est lancé en 2022 dans l’aventure Hive. A l’époque, il s’agissait déjà de prendre le contre-pied de la tendance globale en pariant sur le partage de ressources inutilisées. Depuis Hive est devenue Hivenet, une plateforme distribuée, et la famille s’est agrandie en 2025 avec l’arrivée de PoliCloud. Ce mini-datacenter prend lui aussi le contrepied, cette fois des hyperscalers, en tenant dans un conteneur. Un choix qui accompagne la philosophie de David Gurlé : mettre l’infrastructure au plus près du besoin, de catégories bien spécifiques, les PME et les particuliers, prioritairement.
Full stack neocloud
Le rachat, il y a un mois, de Data Factory aux Etats-Unis, jusqu’alors spécialiste du bitcoin mining mais désormais en transition vers l’IA a conduit à la création d’une holding regroupant les trois entités, sous le nom d’Antimatter.
« Nous voulions avoir un pied aux Etats-Unis. Data Factory est basée à Austin, au Texas. Elle a d’abord été notre client… Cette société a des facilités avec les fermes électriques, des Power Farms, de petite taille, ce qui correspond très bien à ce qu´on fait avec Policloud. Ainsi, Data Factory s'occupe de la couche énergétique, Policloud de tout ce qui est hardware et Hivenet de tout ce qui est logistique. Il y a en fait très peu de redondances, en fait il y en n’a quasiment pas, c'est très complémentaire », détaille David Gurlé.
L’avantage d’Antimatter étant notamment de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production devenant un « full stack neocloud », dit son CEO.
L’annonce du contrat conclu avec CloudGrid Energy vient valider l’approche de l’ex-dirigeant de la fintech américaine Symphony, désormais établi dans sa ville de naissance, Cannes. D’un montant de 580 millions d’euros, il concerne le déploiement de 280 unités de Policloud, sur seize sites disséminés en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne et en Suède. Soit 29 000 GPU et 2 millions de vCPU (unités de calcul virtuelles) pour 35 MW de capacité énergétique totale. « Nous avons travaillé sur ce projet durant 16 mois »