Pour la première fois, l’indice Next40 n’est plus uniquement le reflet des plus grosses levées de fonds et des meilleures performances économiques de l’écosystème tricolore. Sous l’impulsion de Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, l’État assume la dimension politique de la tech en mettant en avant dans le Next40 les start-up jugées stratégiques pour la souveraineté technologique, la compétitivité du pays et le bien commun.LA TRIBUNE – Le French Tech 120, qui inclut le Next40, a été lancé avec l’objectif de promouvoir les start-up françaises les plus performantes, mais a été critiqué pour valoriser une vision uniquement économique de l’innovation. Qu’en pensez-vous ?
JULIE HUGUET – Nous avons entendu ces critiques et je les partage, c’est pourquoi nous avons fait évoluer les critères de sélection pour la promotion 2026, que nous dévoilons ce lundi. Le French Tech 120 et le Next40 ont longtemps été une photographie purement économique, factuelle, de l’écosystème. Cela a permis de donner un coup de projecteur à nos champions du numérique comme Doctolib, Qonto, ManoMano et bien d’autres.
Mais depuis plusieurs années, nous observons l’émergence d’une nouvelle génération d’entreprises technologiques, issues notamment de la recherche publique et des laboratoires. Ces deeptechs sont des entreprises plus jeunes, parfois moins avancées commercialement, mais porteuses d’innovations stratégiques pour la France. Avec les enjeux de souveraineté qui se sont imposés autour de l’intelligence artificielle, du quantique, de la cybersécurité ou encore de la robotique, nous avons considéré qu’il fallait faire évoluer l’indice pour mieux refléter cette transformation.
Nous avons valorisé l’innovation en introduisant des critères liés à la R&D, notamment les brevets déposés, mais aussi l’accès à des dispositifs publics de soutien à l’innovation comme France 2030, le Crédit d’impôt recherche (CIR) ou la participation à des programmes européens. Ces nouveaux critères permettent de mieux prendre en compte la recherche et l’emploi sur le territoire, et s’ajoutent aux critères économiques de chiffre d’affaires et de croissance, qui demeurent importants. Mais la question n’est plus uniquement : « Qui a levé le plus d’argent, qui a la meilleure croissance ? », mais aussi : « Qui contribue à renforcer la compétitivité de la France, son autonomie technologique et la qualité de vie des citoyens ? » L’indice reflète tous ces aspects.