Avec sa promotion 2026 dévoilée ce lundi, la Mission French Tech assume de privilégier les entreprises jugées stratégiques pour la souveraineté technologique. Un changement de doctrine qui propulse les deeptech et les start-up IA au premier plan, et transforme l'indice en outil de politique industrielle.Pendant des années, le Next40 a incarné la version française du rêve californien. Levées de fonds record, croissance à deux chiffres, conquête internationale : les critères de sélection étaient avant tout financiers. Les mêmes noms revenaient année après année, de BlaBlaCar à Qonto en passant par Doctolib, Back Market ou Contentsquare.
Cette époque n’est pas révolue, car les indétrônables perdurent, mais elle appartient désormais à une autre phase de l’histoire de la French Tech. Avec la promotion 2026 du French Tech 120 et du Next40, présentée ce lundi dans les locaux de la start-up Aqemia, nouveau pensionnaire du Next40 qui utilise l’IA et la physique quantique pour accélérer la recherche de médicaments, l’État assume un repositionnement profond de son programme phare d’accompagnement des start-up.
Face aux critiques d’un indice purement financier déconnecté de l’utilité politique et sociétale de la tech, « nous avons considéré qu’il fallait faire évoluer l’indice pour mieux refléter la transformation de l’écosystème », explique Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, dans une interview exclusive à La Tribune. « La question n’est plus uniquement : qui a levé le plus d’argent ? Mais aussi : qui contribue à renforcer la compétitivité de la France, son autonomie technologique ou la qualité de vie des citoyens ? »
Le retour de l’État stratège
Pour la première fois, la sélection du Next40 n’a donc pas été déterminée uniquement par des critères mécaniques de chiffre d’affaires et de levées de fonds. « Pour composer le French Tech 120, nous avons introduit des critères liés à la R&D, aux brevets ou encore au crédit d’impôt recherche, qui valorisent la recherche et l’emploi sur le territoire, et qui s’ajoutent aux critères économiques de chiffre d’affaires, de croissance », précise Julie Huguet. « De cette manière, le ‘120’ s’équilibre entre performance économique et innovation », ajoute-t-elle.