Sport amateur : après quatre levées de fonds, la start-up Rematch est toujours en quête de rentabilité

La start-up s'appuie sur les bénévoles des clubs sportifs pour filmer les actions depuis les bords de terrain.
Rematch

La start-up s'appuie sur les bénévoles des clubs sportifs pour filmer les actions depuis les bords de terrain.
Rematch
Les vidéos de Rematch ont été visionnées plus d'1 milliard de fois. Relayer les temps forts du sport amateur n'est pas encore rentable, mais le modèle fonctionne. C'est en somme la leçon tirée par la start-up bordelaise après huit ans d'activité et l'annonce de sa quatrième levée de fonds.
Cette application et plateforme, qui s'appuie sur les bénévoles des clubs pour filmer et diffuser les tops et les flops des terrains de sport, vient de récolter 3 millions d'euros auprès de ses investisseurs historiques (Intervalle Capital, Stéphanie Gottlib-Zeh, Rightbear Holding et Bpifrance).
Le tour de table doit financer un ambitieux plan de développement à l'international. Rematch s'ouvrira à une centaine de pays en fin d'année, fort de résultats concluant aux États-Unis, son premier terrain d'exportation après avoir fait sa place en France. « En même pas 18 mois, on y a enregistré les chiffres qu'on avait obtenus au bout de quatre ans en France », s'enthousiasme Pierre Husson, fondateur et dirigeant de cette sportech.
L'engouement s'est exprimé en particulier dans le sport universitaire, où les parents jouent des coudes en bord de terrain pour filmer leur progéniture, espérant qu'il ou elle, à la faveur d'un coup de génie, se retrouvera dans les highlights de la semaine. Rematch joue ainsi sur la course au beau geste et la viralité des contenus, grâce à une application dotée d'une mémoire tampon capable de publier immédiatement sur la plateforme les quinze dernières secondes filmées. Offrir une telle visibilité au sport amateur crée beaucoup d'émulation.
Témoins de cette fièvre et désireux de dupliquer le modèle, les investisseurs ont ainsi poussé la jeune équipe de 25 salariés à voir plus grand et à aller plus vite. Comme elle l'a fait en France, la plateforme de diffusion va aller draguer les fédérations sportives à l'étranger pour nouer des partenariats. Une première façon de se faire connaître mais surtout de monétiser l'accès aux contenus collectés. Cette mise en lumière lui permettra ensuite d'attirer des sponsors qui pourront acquérir des espaces publicitaires sur l'application. Les clubs ont également la possibilité de souscrire un abonnement pour avoir accès à l'outil de publication des vidéos. Un cocktail qui a généré plus d'1 million d'euros de chiffre d'affaires en 2025.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

« On a craqué le modèle », assure Pierre Husson. « On a transformé le sport amateur en média, c'était jusqu'ici un champ totalement inexploité », appuie-t-il. Et pour ce qui relève de la logique économique, « on ne vise pas la rentabilité immédiate car on est dans une logique de réinvestissement. »
À lire également
Concentrée jusqu'ici sur les sports les plus populaires, foot, basket, handball ou rugby, le diffuseur veut s'ouvrir à des dizaines de nouvelles pratiques. Et compte bien s'appuyer sur des communautés nationales pour se faire remarquer, comme celle du cricket en Inde. De quoi logiquement attirer les intérêts des grands diffuseurs médias qui y voient une possibilité de renouveler leurs contenus.
SFR : le bonus versé à Altice France lors de la vente dépendra plus des performances que des investissements
Claude Fable 5 : l’IA qui sait pirater… mais qui doit se retenir
Bruxelles ordonne à Meta de rouvrir WhatsApp aux IA concurrentes
Korben for People ambitionne de devenir le « Microsoft de la robotique »