Présentés comme des alternatives à ChatGPT, les assistants IA promettent d'accompagner et informer les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers) face à un flot grandissant de littérature scientifique.
Doctolib, PulseLife, Synapse Medicine ou encore Tandem Health : les assistants IA dédiés à la santé se multiplient en Europe. Alors que ChatGPT a montré plus d’une fois ses limites, le recours à l'intelligence artificielle interroge, tant sur les données sélectionnées que leur réglementation.
Vérifier une posologie, s’assurer de l’examen à prescrire ou des mises à jour d’une réglementation : les assistants IA français dédiés à la santé se développent petit à petit, comme en témoignent les outils proposés par Doctolib, Synapse Medicine et plus récemment PulseLife.
Présentés comme des alternatives à ChatGPT, ces dispositifs visent à accompagner et informer les professionnels de santé face à un flot grandissant de littérature scientifique : plus de 2 millions d’études scientifiques seraient ainsi publiées chaque année, sans compter les nouvelles réglementations, selon PulseLife.
Ce qui explique le recours à des moteurs de recherches ou à l'IA. Ce, même si le produit ne répond pas toujours au besoin. Interrogée sur l’usage de ChatGPT, la communauté du lyonnais PulseLife met en exergue des réponses erronées ou incomplètes (67%).
Le développement et l’usage de tels assistants soulève en effet plusieurs enjeux pour Aurélie Névéol, directrice de recherches au CNRS et au LISN spécialisée dans le traitement automatique du langage naturel (TALN) en contexte clinique et biomédical. Faiblesses que les solutions françaises et même européennes tentent de maîtriser.
Choix des données, biais et usages : de multiples enjeux à relever
Les données concentrent à elles seules plusieurs risques. Le premier résidant dans la sélection des données utilisées pour entraîner ces modèles d’intelligence artificielle. Ces programmes s’appuient, en effet, sur un modèle d’apprentissage automatique (LLM) qui apprend à répondre à des questions à partir de « données existantes » et de « la grille de lecture qui lui est fournie », explique Aurélie Névéol. Si cette base d’informations comprend des données erronées ou incomplètes, la réponse risque également de l’être.
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Avocate spécialisée en recherches et innovations en santé, Clémence Bolla appelle ainsi à distinguer « les IA entraînées sur l’ensemble des données Internet, y compris les erreurs qu’il héberge, et celles qui explorent des bases de données d’instituts ou revues scientifiques ».