Sommeil, santé mentale, troubles alimentaires... Une étude inédite de l'Anses rapporte les effets nocifs des réseaux sociaux sur la santé des adolescents, sans pour autant recommander leur interdiction.Agir sur l'environnement numérique plutôt que de priver les adolescents de réseaux sociaux. C'est, en substance, la recommandation principale de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans un rapport inédit sur les « effets de l'usage des réseaux sociaux numériques sur la santé des adolescents ».
Le rapport a été établi à partir de plus d’un millier d’études réalisées entre entre 2011 et 2021, consacrées aux effets des réseaux sociaux sur la santé des adolescents âgés de 11 à 17 ans. En France, de façon générale, près de 90 % des 12-17 ans utilisent quotidiennement un smartphone pour accéder à Internet, et 58 % d’entre eux s’en servent pour accéder aux réseaux sociaux.
Parmi les conclusions des experts, on trouve un lien établi entre l'utilisation intensive des réseaux sociaux et les problèmes de sommeil (diminution du temps, mauvaise qualité) ou encore un niveau élevé de preuves sur les effets délétères des réseaux concernant le risque de développement de troubles alimentaires, en particulier chez les filles. Ces dernières sont d'ailleurs plus impactées que les garçons par l'exposition aux réseaux sociaux.
Cela s'explique, note le rapport, par « une utilisation plus forte des réseaux sociaux hautement visuels, à savoir fondés sur l’échange et le partage d’images et sur la mise en scène de soi. Elles subissent davantage de pression sociale liée aux stéréotypes de genre, elles sont plus souvent cyberharcelées que les garçons et semblent aussi accorder plus d’importance aux contenus des réseaux sociaux numériques, avec un engagement émotionnel plus marqué ».