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Tech & IAHigh-tech

A VivaTech, Bezos dans l’optimisme spatial, LeCun dans l’IA ouverte

LD (avec agences)

Publié le 17 juin 2026 à 16:25

"Je pense qu'en réalité, l'IA va créer une pénurie de main-d'œuvre", a glissé Jeff Bezos lors de son intervention.

"Je pense qu'en réalité, l'IA va créer une pénurie de main-d'œuvre", a glissé Jeff Bezos lors de son intervention.

REUTERS - Abdul Saboor

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Les grandes figures de la tech ont exposé à VivaTech leurs visions de l’avenir autour de l’intelligence artificielle, de l’innovation et des nouvelles frontières technologiques.

Dans l’effervescence de VivaTech, les grandes figures de la tech mondiale ont déroulé, mercredi à Paris, leurs visions parfois convergentes, parfois opposées, d’un avenir structuré par l’intelligence artificielle et la conquête spatiale. Entre appels à la souveraineté européenne, prophéties industrielles extraplanétaires et défense d’une IA ouverte, le salon a pris des allures de tribune géopolitique autant que technologique.

Sur la scène d’ouverture, Maurice Lévy a donné le ton. Le président de Publicis a exhorté la France et l’Allemagne à structurer un fonds paneuropéen massif pour l’IA, estimé à 100 milliards d’euros, afin de réduire la dépendance aux géants américains. Une dépendance qu’il juge désormais critique. Il a ainsi souligné « la nécessité de créer un fonds à l’échelle européenne » à Paris, avant d’alerter sur la vulnérabilité stratégique que représente l’accès aux modèles étrangers : « C’est un peu comme s’il y avait quelqu’un qui avait un interrupteur sur un certain nombre d’éléments et qui pouvait le mettre en position « on » ou ’off’. »

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Pour lui, le choc est déjà là, avec la suspension soudaine de certains accès à des modèles avancés de la start-up Anthropic. Une situation qui doit pousser l’Europe à considérer l’IA comme un enjeu de survie économique. « L’Europe devait considérer l’intelligence artificielle comme une priorité stratégique », a-t-il insisté, estimant que la compétitivité des entreprises européennes pourrait être directement menacée.

La vision de Jeff...

Un peu plus tard, la scène s’est déplacée vers un tout autre imaginaire avec Jeff Bezos. L’entrepreneur américain a défendu une vision radicale : transférer hors de la Terre les industries polluantes pour rendre à la planète un état préindustriel. « Si le voyage spatial devient suffisamment fiable et bon marché, et si nous pouvons obtenir nos matières premières d’astéroïdes et d’objets proches de la Terre et de la Lune, alors cette planète-jardin pourra être rendue à son état d’avant la Révolution industrielle », a-t-il affirmé.

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Dans cette projection à long terme, la Terre deviendrait un espace préservé, tandis que l’espace deviendrait le relais industriel de l’humanité. « Notre vision de long terme, notre rêve, est que toutes les industries polluantes puissent être implantées loin de la Terre », a-t-il ajouté, sans horizon temporel précis. Le fondateur de Blue Origin a également insisté sur l’essor de la Lune comme étape clé : « Cette fois nous allons sur la Lune pour y rester ». Et de détailler un futur système d’exploitation des ressources lunaires : « Vous avez de l’eau glacée dans les cratères plongés en permanence dans le noir près des pôles de la Lune. Et celle-ci peut être, par électrolyse, convertie en oxygène liquide et en hydrogène liquide ».

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Sur l’intelligence artificielle, son discours s’est voulu résolument optimiste. Face aux inquiétudes sur l’emploi, il a balayé les scénarios de destruction massive : « Je ne partage absolument pas ce point de vue. Et je pense qu’en réalité, l’IA va créer une pénurie de main-d’œuvre. » Pour lui, les capacités humaines resteront limitées non par la technologie, mais par l’imagination : « Nous sommes limités non pas par notre imagination, mais par ce que nous pouvons faire en réalité. »

 « Je sais qu’il y a beaucoup d’inquiétude chez de nombreuses personnes, y compris chez de nombreuses personnes intelligentes, selon laquelle l’IA va rendre les humains obsolètes, et ainsi de suite, a poursuivi le fondateur de Blue Origin et d'Amazon. Je ne partage absolument pas ce point de vue. Et je pense qu’en réalité, l’IA va créer une pénurie de main-d’œuvre. »

...et l'alerte de Yann

La question de la souveraineté numérique a été portée avec force par Yann LeCun, figure majeure de l’IA. Défenseur des modèles ouverts, le chercheur a plaidé pour une approche décentralisée face à la concentration américaine. « J’ai eu des échanges avec plusieurs gouvernements à travers le monde. Ils veulent tous assurer leur souveraineté en matière d’IA, et je pense qu’ils ont raison », a-t-il affirmé.

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Selon lui, l’enjeu dépasse la technique : il touche à l’accès à l’information elle-même. « C’est très important car, d’ici peu, l’ensemble de notre consommation d’informations passera par des assistants IA ». D’où son plaidoyer pour des systèmes ouverts : « La seul façon d’y arriver serait avec un modèle de base ouvert et libre, sur lequel chacun pourrait créer son propre assistant spécialisé, adapté à sa ou ses langues, à sa culture, à son système de valeurs, à ses opinions politiques et à ses centres d’intérêt ».

Le chercheur a également critiqué les restrictions imposées par certains acteurs du secteur, dénonçant une concentration excessive du pouvoir technologique : « Il y a une grande arrogance et un complexe de supériorité dans l’idée que seuls quelques-uns sont capables de contrôler l’IA et que les masses ignorantes ne devraient pas y avoir accès ».

LD (avec agences)

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