S’accorder sur des critères opérationnels précisant un terme flou serait selon les deux pays une façon de passer à l’action. Leur définition reste ouverte à des acteurs étrangers car l’objectif n’est pas l’isolement, ont expliqué deux ministres lors du Salon VivaTech à Paris le 17 juin.Souveraineté numérique. Voilà un mot que l'on entend sans cesse et que l'on définit rarement. L'Allemagne et la France ont décidé de s'y atteler et ont livré le fruit de leur travail mercredi 17 juin lors du Salon VivaTech à Paris. « En politique, vous ne faites rien si vous ne vous entendez pas sur les termes », a expliqué Karsten Wildberger, ministre fédéral allemand de la Numérisation et de la Modernisation de l'État en guise d’introduction.
Cette définition commune, qui se veut dans la continuité du Tech Sovereignty Package de la Commission européenne, est la conclusion de discussions lancées lors du Sommet de Berlin sur la souveraineté numérique européenne en novembre 2025 et d'une consultation publique auprès d'entreprises et d'organisations professionnelles.
Trois critères opérationnels pour définir « un service numérique européen »
La souveraineté numérique sauce franco-allemande s'articule autour de six dimensions : « La capacité à faire respecter ses règles et ses lois, la capacité à développer, utiliser et contrôler ses propres technologies, la création de valeur économique en Europe, la protection des données, l'interopérabilité entre systèmes européens, et la résilience des infrastructures critiques » , a énuméré Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique.
La définition adoptée par les deux pays insiste par ailleurs sur le fait que souveraineté ne signifie pas le repli. Leur texte précise explicitement que la réduction des dépendances « ne doit pas conduire à l'isolement » et doit s'accompagner de « partenariats avec des partenaires internationaux de confiance », à condition que ces partenaires respectent les exigences européennes.