51 600 satellites et lancement d'un smartphone : la stratégie tous azimuts de Jeff Bezos
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L'empire bâti par Jeff Bezos accélère sa diversification.
Reuters
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L'empire bâti par Jeff Bezos accélère sa diversification.
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Du spatial à la téléphonie mobile, l’empire bâti par Jeff Bezos accélère sa diversification. À travers Amazon et sa société aérospatiale Blue Origin, le milliardaire déploie une série d’initiatives qui convergent vers un même objectif : capter les infrastructures et les usages de l’intelligence artificielle, de l’espace jusqu’au smartphone.
Dernier projet en date, Blue Origin a déposé une demande auprès de la Federal Communications Commission pour lancer jusqu’à 51 600 satellites. Baptisé « Project Sunrise », ce programme vise à installer des centres de données en orbite, une rupture technologique à la hauteur de l’explosion des besoins en puissance de calcul liés à l’IA.
Dans son dossier, l’entreprise met en avant les contraintes croissantes sur Terre : la demande en centres de données se heurte déjà à des « obstacles sévères ». Elle défend une solution radicale : « Le project Sunrise allègera la pression croissante sur les communautés et les ressources naturelles aux Etats-Unis en déplaçant dans l’espace la puissance de calcul, gourmande en énergie et en eau, en réduisant la demande en terrains et la pression sur les réseaux d’eaux et d’électricité ».
Avec une constellation prévue entre 500 et 1 800 km d’altitude, Blue Origin viserait une échelle sans précédent, bien au-delà des quelque 7 800 satellites du réseau SpaceX. Le projet s’appuierait sur TeraWave, un réseau de communication laser intersatellites annoncé en janvier, avec un objectif de mise en service autour de 2027.
Cette stratégie s’inscrit dans une compétition plus large impliquant Google, SpaceX et Amazon, tous engagés dans une course pour déplacer dans l’espace l’infrastructure de l’IA. Elle reste toutefois semée d’incertitudes, notamment sur la résistance des processeurs aux radiations et aux températures extrêmes, même si Nvidia travaille déjà sur des puces adaptées à ces environnements.
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En parallèle, Amazon explore selon Reuters un retour inattendu sur le marché des smartphones. Plus de dix ans après l’échec du Fire Phone, le groupe développe en interne un nouvel appareil baptisé « Transformer ». Ce projet, encore incertain, pourrait être abandonné, mais il illustre la persistance d’une ambition ancienne de Jeff Bezos : faire du terminal mobile la porte d’entrée privilégiée de son écosystème.
Le Fire Phone, lancé en 2014, avait été retiré après seulement 14 mois et 170 millions de dollars de pertes. Pourtant, Amazon n’a jamais renoncé à sa vision d’un assistant numérique omniprésent, inspiré de la série Star Trek.
Le futur appareil miserait cette fois sur une intégration poussée de l’intelligence artificielle et d’Alexa, relancé en 2025 après plusieurs années de refonte. L’objectif est double : simplifier l’accès aux services maison (e-commerce, vidéo, musique) et proposer une expérience personnalisée susceptible de se passer des boutiques d’applications traditionnelles.
Selon une source proche du dossier, « Amazon devra donner aux consommateurs une raison convaincante de changer de téléphone, et les gens sont très attachés aux plateformes de téléchargement d’applications existantes », a averti l’analyste Colin Sebastian.
Le projet « Transformer » est piloté par ZeroOne, une équipe dédiée aux produits « révolutionnaires », dirigée par J Allard, ancien de Microsoft. Amazon explore plusieurs pistes, dont celle d’un smartphone classique et celle d’un « dumbphone » minimaliste, inspiré du Light Phone, pour répondre à la fatigue numérique.
Cette approche prudente reflète les incertitudes du marché : les livraisons mondiales de smartphones devraient chuter de 13 % en 2026, selon IDC, sous l’effet de la hausse des coûts des composants.
Du déploiement de constellations orbitales à la relance d’un terminal mobile, les initiatives d’Amazon et de Jeff Bezos dessinent une stratégie intégrée. D’un côté, maîtriser les infrastructures critiques de l’IA, jusque dans l’espace ; de l’autre, contrôler les interfaces utilisateurs pour diffuser ses services. En connectant ces deux extrémités — le calcul et l’usage — Amazon cherche à verrouiller l’ensemble de la chaîne de valeur. Une ambition à la mesure de son fondateur, qui continue, plus de trente ans après la création du groupe, à repousser les frontières de son empire technologique.
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