Engagé depuis plusieurs mois dans un cycle baissier comme une partie des fabricants de semi-conducteurs, l'isérois Soitec a dévoilé des résultats annuels ainsi qu'un résultat net en baisse. Car si ses produits liés à l'IA ont rebondi, Soitec reste plombé par le marché de l'automobile et des smartphones.Il est encore loin le temps des projections à 2,1 milliards de dollars, comme l'espérait alors en 2023 le fabricant de semi-conducteurs - qui transforme des plaques de silicium sur lesquelles sont ensuite gravées des puces, ndlr - pour son exercice 2025-2026. Depuis, le ralentissement des ventes sur les marchés de l'automobile, des smartphones et de l'industrie, avait conduit les analystes à diviser par trois le chiffre d'affaires attendu par Soitec.
Finalement, le groupe (qui emploie près de 2 200 salariés dans le monde, dont 1 690 collaborateurs en France à Bernin) a dévoilé ce jeudi un chiffre d'affaires annuel de son exercice 2025-2026 établi à 592 millions d'euros. Soit une baisse de -34 % en données publiées par rapport à l’exercice 2024-2025 (et de -30 % à périmètre et taux de change constants).
Pour rappel, Soitec avait atteint le cap du milliard d'euros de chiffre d'affaires lors de son exercice 2022-2023, où il dépendait encore aux deux tiers des ventes liées aux smartphones.
Avec une marge brute de 96 millions d'euros (contre 286 millions lors de l'exercice précédent) et un résultat opérationnel courant de -8 millions d'euros (contre 136 millions un an plus tôt), Soitec enregistre un résultat net de -220 millions d'euros en 2025-2026 (contre 92 millions d'euros l'an dernier). Dans un contexte de marché jugé « complexe », la principale embellie provient de son flux de trésorerie disponible, qui repasse dans le vert à 63 millions d'euros, contre -23 millions sur l'exercice précédent.
« Dans un environnement exigeant et incertain, la performance de Soitec […] reflète des dynamiques contrastées selon les marchés finaux, ainsi que les actions engagées par le groupe afin de retrouver une génération de trésorerie positive », estime par voie de communiqué le nouveau directeur général de l’entreprise, Laurent Rémont, arrivé aux commandes le 1er avril dernier, en remplacement de Pierre Barnabé et en provenance
du fabricant allemand de semi-conducteurs Infineon Technologies.