Alors que le fabricant de wafers dédiés aux puces électroniques Soitec avait annoncé le départ surprise de son actuel directeur général, Pierre Barnabé, la société a choisi son successeur : il s'agira cette fois d'un profil issu de l'industrie des semi-conducteurs, Laurent Rémont, jusqu'ici senior vice-président d'Infineon Technologies.
Nouvelle année, nouvelle page pour l'isérois Soitec. Quelques mois après une crise interne concernant une proposition d'augmentation de la rémunération de son directeur général, qui avait fait bondir les syndicats, l'entreprise iséroise annonçait en octobre, le départ surprise de Pierre Barnabé, évoquant alors des raisons personnelles. Depuis, le choix de son successeur était attendu. Cette fois-ci, il s'agira finalement d'un profil externe, rompu au secteur des semi-conducteurs.
Laurent Rémont, jusqu'ici senior vice-président d'Infineon Technologies, possède en effet sur le papier un CV bien fourni : il a notamment dirigé l’activité radiofréquence et capteurs du groupe. Et occupait auparavant les fonctions de directeur technique du fournisseur autrichien de solutions de technologies de l'information (IT) Kontron AG, après plus de quinze années passées chez le voisin et partenaire de Soitec, le franco-italien STMicroelectronics, à différentes fonctions de direction générale et de R&D.
Dans quelques mois, il rejoindra donc le spécialiste français des substrats pour puce, avec une intégration qui se fera en deux temps : son arrivée en tant que conseiller de Pierre Barnabé, est annoncée le 16 mars prochain, avant qu'il ne lui succède le 31 mars. Sa nomination, en qualité d’administrateur, restera ensuite soumise à l’approbation de l’Assemblée générale qui se tiendra en juillet 2026.
Le choix de l'expérience
Le comité de pilotage -émanation du comité des rémunérations, des nominations et de la gouvernance du conseil d'administration- créé suite à l'annonce du départ de l'actuel directeur général, souhaitait justement s'appuyer sur un connaisseur de la chaîne de valeur des semi-conducteurs, doté d'une large expérience.
« Nous avions un cahier des charges assez précis : nous voulions quelqu’un du secteur des semi-conducteurs avec une grande expertise dans les technologies et qui connaissait bien l'industrie et le produit. Nous voulions un profil tourné vers l'innovation, qui ait une gestion d’un P&L (outil utilisé en modélisation de projet pour identifier les pertes et les profits, ndlr) équivalent à celui de Soitec, et qui soit également français ou francophone », explique à La Tribune, Frédéric Lissalde, président du conseil d'administration de Soitec.
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