Les trois quarts des PDG affirment piloter eux-mêmes la stratégie IA de leur entreprise, selon une étude du BCG, alors que les décisions technologiques sont habituellement déléguées à la direction technique. Malgré les doutes récents concernant le retour sur investissement de l’IA, l’optimisme des dirigeants est intact, porté par les promesses des agents.L’ère de la désillusion serait-elle déjà passée ? Le nouveau baromètre AI Radar du Boston Consulting Group, publié jeudi 15 janvier, montre que les entreprises prévoient de doubler leurs investissements dans l’intelligence artificielle en 2026. Et le sujet devrait continuer d’être grassement financé : 94 % des 2 360 sondés (des cadres dirigeants et PDG) prévoient de poursuivre leurs investissements même si la technologie ne génère pas encore de retour sur investissement cette année. Quatre PDG sur cinq se disent d’ailleurs plus optimistes sur le retour sur investissement de l’IA qu’ils ne l’étaient l’an passé.
Réussir sa stratégie IA, c’est réussir sa carrière
L’étude du cabinet de conseil montre aussi que l’IA est devenue un sujet stratégique pris en main directement par les dirigeants. Ce qui n’est pas forcément le cas de toute technologie, souvent cantonnée au niveau des directions techniques. « Les CEO n’ont jamais passé huit heures par jour à comprendre comment fonctionnait un logiciel ERP ou de gestion de clientèle. Même Internet était une transformation peu portée par les PDG », pointe Sylvain Duranton, directeur monde de BCG X, l’entité du BCG spécialiste des nouvelles technologies.
Sur l’IA, 72 % des PDG affirment être décisionnaires sur le sujet, une part qui a doublé en un an selon le baromètre. Cet intérêt signe, selon Sylvain Duranton, « la fin de la récréation ». « De nombreuses entreprises ont investi ces dernières années de manière très dispersée, sans ligne très stratégiques claires. Cela n’a pas produit les résultats attendus. Aujourd’hui les directions ont compris que c’était un sujet de transformation. »
Par ailleurs, les patrons comprennent que l’enjeu est central pour leur carrière, bien plus qu’une acquisition ou un « rebranding », précise Sylvain Duranton. « 50 % pensent que la stabilité de leur emploi dépend de leur stratégie IA. Ils subissent une pression colossale de la part des conseils d’administration et des analystes sur ce sujet », estime-t-il.