Le fonds souverain norvégien (2 066 milliards de dollars) intègre l'IA pour analyser plus efficacement les flux massifs de données environnementales. Cette technologie permet de rationaliser les processus, d'améliorer la prise de décision, et ainsi d'accélérer la pression sur les 8 500 entreprises de son portefeuille pour une trajectoire zéro émission.Le fonds souverain norvégien fait le pari de la technologie pour sanctuariser ses 20 750 milliards de couronnes, soit 2 066 milliards de dollars d’actifs. Mercredi, l’institution a officialisé son nouveau plan d’action climatique 2030, plaçant l’intelligence artificielle (IA) au centre de sa gestion des risques financiers liés au climat. Une offensive qui illustre une conviction forte : malgré le désengagement de certains investisseurs et les choix politiques favorisant les énergies fossiles, notamment aux États-Unis sous la présidence de Donald Trump, « le changement climatique demeure un risque financier, et ce risque ne fait que s’accroître », martèle Carine Smith Ihenacho, directrice générale de la gouvernance et de la conformité.
Ce mastodonte de l’investissement, qui détient en moyenne 1,5 % de toutes les entreprises cotées sur la planète, entend désormais mobiliser l’IA et des outils d’analyse « maison » pour décrypter plus efficacement les flux massifs de données environnementales. L’objectif est double : « rationaliser les processus et améliorer la prise de décision », indique le plan.
L’IA, le levier pour débloquer la « finance durable »
L’adoption de l’intelligence artificielle répond directement à une faiblesse structurelle du secteur. Wilhelm Mohn, directeur mondial de l’engagement actionnarial du fonds, l’a clairement exposé lors de la présentation : « La qualité et la disponibilité des données ont toujours freiné la finance durable, et l’IA peut vraiment nous aider à surmonter cet obstacle ». En apprenant plus vite et en travaillant plus efficacement, le fonds espère « améliorer [sa] prise de décision » et ainsi mieux appliquer sa doctrine.
Alimenté par les revenus pétro-gaziers de l’État norvégien, ce « bas de laine » n’est pas un actionnaire passif. Sa gestion intègre déjà des critères climatiques. Le fonds privilégie l’engagement actionnarial, dialoguant avec les entreprises pour les inciter à s’aligner sur une trajectoire zéro émission nette d’ici à 2050.