Elon Musk voit sa fortune s'envoler à 839 milliards de dollars selon Forbes. Porté par la fusion de ses actifs technologiques (Tesla, SpaceX, xAI), il creuse un écart historique avec ses poursuivants et s'affirme comme le pivot central de la nouvelle...
/FW1FP/Matthew Lewis - REUTERS - Kevin Lamarque
Tandis que Forbes consacre l’envolée irréelle d’Elon Musk vers les 1 000 milliards de dollars, le dernier classement Hurun révèle une Chine repassant en tête du volume global d’ultrariches. Entre hégémonie technologique américaine et densité boursière chinoise, la guerre des chiffres souligne une déconnexion record entre valorisations boursières et économie réelle.
Les informations à retenir
Quelles sont les différences entre les classements Forbes et Hurun 2026 sur les milliardaires ?
Forbes place Elon Musk en tête mondiale avec 839 milliards de dollars, porté par l’absorption de xAI par SpaceX, valorisée jusqu’à 1 500 milliards.
Hurun souligne la domination numérique de la Chine qui compte désormais 1 110 milliardaires, soit 110 de plus que les États-Unis selon ses propres critères.
Le secteur de l’IA est le dénominateur commun, générant une hausse de patrimoine mondial de 4 000 milliards de dollars en un an selon Forbes.
Alors que la Chine multiplie les milliardaires, les États-Unis conservent la tête du classement individuel avec une avance vertigineuse. Selon le palmarès annuel de Forbes publiée ce mardi 10 mars 2026, la fortune d’Elon Musk atteint désormais 839 milliards de dollars, contre 342 milliards un an plus tôt. Ce bond de près de 500 milliards en six mois s’explique par la restructuration de son empire : l’absorption du réseau social X par sa société d’IA, xAI, elle-même intégrée à SpaceX en février 2026.
Cette méga-entité, dont Musk détient 42 %, est valorisée entre 1 250 et 1 500 milliards de dollars à l’approche de son introduction en Bourse prévue pour l’été. Si cette richesse reste largement immobilisée — Musk affirmant détenir moins de 0,1 % en numéraire — elle lui confère une influence géopolitique inédite avec le réseau Starlink, devenu un pivot stratégique dans les conflits en Ukraine et à Gaza.
Le paradoxe sino-américain : masse contre puissance brute
Une divergence méthodologique apparaît entre les sources, mais la tendance est claire : la Chine gagne en densité là où les États-Unis gagnent en concentration.
Côté américain, le Top 10 de Forbes est outrageusement dominé par les États-Unis (8 places sur 10). Derrière Musk, les cofondateurs de Google, Larry Page (257 milliards) et Sergey Brin (237 milliards), complètent un podium dopé par le « boom » de l’IA.
Côté chinois, Hurun affirme que la Chine a repris la première place mondiale en nombre total de milliardaires (1 110 contre 1 000 pour les États-Unis), portée par une explosion du marché boursier post-pandémie.
Toutefois, les milliardaires chinois n’apparaissent qu’à partir de la 26ᵉ place mondiale (Zhong Shanshan avec 74 milliards de dollars), avec un patrimoine plus fragmenté que celui des géants de la Silicon Valley.
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L’IA et la crypto, nouveaux accélérateurs de particules financières
Le point de convergence des classements Forbes et Hurun réside dans l’origine de cette richesse : l’intelligence artificielle et la finance numérique. Forbes note que la planète compte désormais 3 428 milliardaires (400 de plus en un an), cumulant 20 100 milliards de dollars.
Cette dynamique profite également au secteur des cryptomonnaies. Changpeng Zhao, l’ex-patron de Binance amnistié par Donald Trump, a vu sa fortune bondir de 47 à 110 milliards de dollars en un an. Donald Trump lui-même voit son patrimoine progresser de 27 % (6,5 milliards de dollars), soutenu par ses investissements dans les cryptoactifs et l’abandon de certaines sanctions financières.
Une géographie du luxe et de la tech en mutation
Le classement Forbes rappelle que l’Europe résiste grâce au secteur du luxe et de la distribution. Bernard Arnault (LVMH) se maintient au 7ᵉ rang mondial avec 171 milliards de dollars, tandis qu’Amancio Ortega (Zara) ferme le Top 10 avec 148 milliards. En comparaison, les leaders chinois de la tech comme Zhang Yiming (ByteDance) ou Ma Huateng (Tencent) affichent des croissances fulgurantes mais restent, pour l’heure, distancés par le peloton de tête américain en valorisation nette globale.
Le déclin de l’icône Bill Gates Longtemps indéboulonnable au sommet du capitalisme mondial, Bill Gates s’efface progressivement des premières places. Ce recul ne traduit pas une faillite, mais une double mutation. Le virage de la philanthropie radicale : depuis plusieurs années, Bill Gates a entrepris de transférer l’essentiel de ses actifs vers la Fondation Bill-et-Melinda-Gates, amputant mécaniquement son patrimoine personnel au profit de causes sanitaires et climatiques mondiales. L’éclipse par l’hyper-croissance de l’IA : Le nouveau classement mondial montre que la création de valeur est désormais captée par les acteurs de l’IA générative et de l’infrastructure spatiale. Si Microsoft reste un pilier du secteur, Gates n’est plus le principal bénéficiaire des valorisations « irréelles » qui propulsent aujourd’hui les leaders de la tech américaine ou chinoise.