En cours d'installation de sa première ligne pilote en banlieue grenobloise, la spin-off iséroise du CNRS, Diamfab, vient de nouer un partenariat avec un éditeur de logiciel montpelliérain qui vise rien de moins qu'à démocratiser les applications de ses diamants synthétiques.Brique par brique, l'isérois Diamfab (23 salariés) pose les jalons d'une nouvelle filière de diamants synthétiques dans le domaine des semi-conducteurs, dédiés notamment à l'électronique de puissance. Que ce soit pour augmenter la puissance de charge des batteries de téléphone, la capacité des panneaux photovoltaïques ou encore réduire la taille des batteries pour véhicules électriques... Les futures puces électroniques de cette spin-off du CNRS, qui visent à être conçues non plus sur de traditionnels wafers de silicium, mais sur des wafers bâtis sur du diamant synthétique fabriqué en laboratoire, ne sont pas encore sur le marché, mais elles en prennent petit à petit la direction.
Alors que l'entreprise avait bouclé sa première levée de 8 millions d'euros l'an dernier pour financer son processus d'industrialisation, elle vient cette semaine de déménager dans ses nouveaux locaux de 800m2, installés à Fontaine, dans la métropole de Grenoble. Avec un objectif : bâtir une première ligne pilote dédiée à la fabrication de ce nouveau matériaux semi-conducteurs, qui vise à se positionner, à l'image d'autres challengers (nitrure de gallium, carbone de silicium), comme une sérieuse alternative aux matériaux semi-conducteurs traditionnels à base de silicium. Avec, du côté de ses atouts, des performances plus élevées associées à une consommation d'énergie fortement réduite.
Sur le chemin de l'industrialisation
Mais encore faudra-t-il passer le cap de l'industrialisation de ces nouvelles technologies, qui doivent encore se frotter au passage à l'échelle en salles blanches (un environnement de production sans poussières et à l'atmosphère contrôlée) et à des enjeux de production en volume. Avec un procédé de production basé justement sur la transformation du méthane et de l'hydrogène, « deux composés où il n'existe pas de rareté », Diamfab fait en effet le pari de réduire fortement au cours des prochaines années les besoins en terres rares du domaine des semi-conducteurs dans ses puces électroniques.