iNGage vise à commercialiser dès 2028 une première génération de capteurs MEMS, pour des applications liées à la défense et à l’industrie de haute performance.
DR/Archipicture
Tout juste créée en février dernier, la start-up iNGage développe une nouvelle génération de capteurs de mouvements (MEMS) qui comptent prendre le relais des technologies GPS, inopérantes dans certains environnements. Avec sa récente levée de 6 millions d’euros, elle cible en particulier les marchés de la défense et des véhicules autonomes.
Huit mois seulement après sa création, la start-up iNGage vient de boucler sa première levée de fonds de 6 millions d’euros, auprès de plusieurs partenaires (les fonds Supernova Invest et 360 Capital, soutenus par BNP Paribas, le Crédit agricole et le fonds CEA Investissement).
Son domaine de recherche a attiré l’attention des investisseurs : issue d’une quinzaine d’années de recherche conjointe entre le CEA Leti de Grenoble (Isère) et le Politecnico di Milano (Italie) et reposant sur 30 brevets, la jeune pousse développe une nouvelle génération de capteurs inertiels MEMS (Micro-Electro-Mechanical Systems) qui, grâce à une sensibilité inédite, promettent une navigation fiable dans tous les environnements où le GPS est défaillant.
C’est-à-dire au sein de milieux complexes ou sensibles faisant par exemple l’objet de brouillage, d’interférences, ou tout simplement de problèmes de réception des données (intérieurs, tunnels, milieux sous-marins, etc.). Un bond technologique qui pourrait rapidement s’avérer clé pour des secteurs comme la défense et la robotique (drones, robots industriels, etc.), ou encore l’automobile (véhicules autonomes).
Remplacer le signal GPS défaillant
« On retrouve déjà les capteurs MEMS dits inertiels », qui mesurent l’accélération et la vitesse de rotation, dans les téléphones et les voitures depuis près de 20 ans. Ce sont des technologies matures, mais qu’il était difficile de faire monter en performance », explique à La Tribune Vincent Gaff, cofondateur et directeur commercial d’iNGage.
Avec entre autres, la question de pouvoir mesurer les six axes (trois axes « accéléromètres » mesurant l’accélération, et trois axes « gyromètres » calculant la vitesse de rotation), nécessaires selon iNGage, pour recevoir des données de haute précision, alors que les composants MEMS intégraient jusqu’ici seulement un axe de mesure.
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C’est pourquoi la deeptech s’est appuyée sur sa collaboration avec deux laboratoires de renom afin de changer l’architecture de ses capteurs. « Le GPS est déjà un capteur en soi, pouvant être fusionné à d’autres données, comme à des capteurs de vitesse sur roue dans le secteur de l’automobile ou à des capteurs de pression différentiels sur un drone… Mais tout l’enjeu est de pouvoir le remplacer en quelques secondes et avec très peu de mètres d’erreur, lorsqu’il n’a plus d’accès au signal, pour des applications de navigation comme la défense ou l’industrie, qui opèrent par exemple en sous-sol ou sous la mer », rapporte Vincent Gaff.