Après avoir officialisé une série de partenariats, l'isérois Quobly s'affirme dans la course à l'ordinateur quantique. Cette spin-off du CEA Leti est en train de boucler sa série A à 115 millions d'euros. Avec à la clé, une première génération de processeurs quantiques qui seront accessibles à partir de fin 2026, dans le cadre de partenariats avec des acteurs comme OVHcloud.L'ordinateur quantique est une promesse qui attise les appétits. L'isérois Quobly s'impose depuis plusieurs mois comme la cinquième start-up hexagonale du quantique. Mais face aux quatre grandes autres du secteur que sont Pasqal, Alice & Bob, C12 et Quandela, celui-ci a choisi une voie inédite pour relever le défi de produire des millions de « qubits logiques » (ces unités élémentaires pouvant porter une information quantique et sans erreur, ndlr) d’ici à 2031, un seuil jugé nécessaire pour que l'ordinateur quantique puisse faire sa percée à l'échelle industrielle.
Car en s'appuyant sur 15 années de recherche collaborative entre l’Organisation pour la Recherche et la Technologie (RTO), le CEA Leti et le CNRS, Quobly fait le pari de travailler avec l'industrie des semi-conducteurs et son matériau phare, le silicium (déjà utilisé pour produire les puces destinées aux smartphones et à l'automobile), afin de lever les obstacles de l’industrialisation de la technologie quantique.
« Tout est parti d'une innovation présentée par une équipe du CEA en 2016, qui avait réalisé une première mondiale en réalisant le premier bit quantique avec un transistor FDSOI issu de la microélectronique », rappelle Maud Vinet.
Pour rappel, il existe aujourd'hui plusieurs approches (les supraconducteurs, la photonique, les pièges à ions et la voie des semi-conducteurs) pour fabriquer des qubits (ou boîtes quantiques), mais l'écosystème grenoblois croit dur comme fer aux atouts de sa Silicon Valley pour accélérer le passage à l'échelle du quantique. Avec comme principaux avantages, celui de s'appuyer sur une technologie qui permettrait de réduire le « bruit » auquel sont sensibles les électrons, mais également de pouvoir intégrer sur une même plaque de semi-conducteurs les transistors et les qubits selon un design développé à cet effet.