Spark lève 30 millions d'euros pour tenter de décarboner sans surcoût
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Erwan Pannier et Patrick Peters, cofondateurs de Spark.
Thomy KEAT - SPARK
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Erwan Pannier et Patrick Peters, cofondateurs de Spark.
Thomy KEAT - SPARK
Transformer le méthane en or, ou du moins en matériaux et en énergie. C’est l’objectif de la start-up Spark CleanTech, qui annonce ce jeudi 4 novembre une levée de fonds de 30 millions d’euros auprès de 360 Capital et de Taranis, avec la participation du Fonds Île-de-France Réindustrialisation et d’Asterion Ventures.
« Notre objectif est d’accélérer la décarbonation de l’industrie en en faisant une évidence économique pour les entreprises », résume Patrick Peters, cofondateur de l’entreprise créée en 2022 dans les laboratoires de CentraleSupélec et du CNRS. Pour ce faire, la jeune pousse a développé un procédé dit de plasmalyse du méthane. Celui-ci permet de dissocier le méthane en hydrogène et en carbone sous forme solide.
« Notre objectif, c’est de brancher notre système directement sur l’arrivée de gaz naturel d’un site industriel, comme une verrerie ou une usine de métallurgie. On fait passer le gaz dans notre réacteur, on retire le carbone, on garde l’hydrogène qui alimente en partie l’usine, et on revend le carbone à d’autres industriels », explique Patrick Peters. La start-up promet ainsi de couper jusqu’à 85 % des émissions de CO₂ de l’industriel. Le tout sans perte d’énergie, car contrairement à d’autres procédés similaires qui nécessitent de très hautes températures, de 5 000 à 15 000 degrés, Spark contrôle la température du plasma.
Au-delà de sa technologie, Spark se distingue par son modèle économique. Pour installer son module sur le site d’un industriel, la start-up ne demande rien à ce dernier. Elle lui facture en revanche l’hydrogène fabriqué par sa technologie, « au même prix que le gaz », précise Patrick Peters. L’entreprise compte se rémunérer aussi en vendant les matériaux carbonés obtenus grâce au procédé à des équipementiers automobiles, par exemple. Pour les industriels, ce système permet d’envisager la décarbonation sans aucun frais, estime l’entrepreneur.