Momentum Technologies, fondée par Cédric Choffat dans les Pyrénées-Orientales, déploie une gamme de capsules de survie, baptisées Lifepods, capables de répondre à diverses menaces pesant sur la sécurité des personnes.
Face à la montée des risques climatiques, sécuritaires et géopolitiques, la start-up Momentum Technologies développe des capsules de survie destinées à protéger les personnes en situation extrême. Basée dans les Pyrénées-Orientales, l’entreprise entre en phase de tests et prépare sa montée en puissance industrielle.
Dérèglement climatique, tensions internationales, menaces terroristes : les situations dans lesquelles il peut s’avérer nécessaire de se retrancher dans un espace clos et protégé de l’extérieur sont nombreuses. Selon la Banque Mondiale, en 2024 et 2025, 1,2 milliard de personnes étaient exposées au risque climatique, générant jusqu’à 135 milliards de dollars de dommages selon la société suisse de réassurance Swiss Re.
Basée au Boulou, dans les Pyrénées-Orientales, l’entreprise Momentum Technologies, fraîchement créée, investit ce marché de la sécurité et de la protection civile. Son fondateur, Cédric Choffat, déploie une gamme de capsules de survie, baptisées Lifepods, capables de répondre aux menaces pesant sur la sécurité des personnes.
« L’idée a germé en 2011, après le tsunami au Japon qui a fait 18 000 morts, raconte l’entrepreneur. Je voulais construire des capsules flottantes de survie qui seraient installées dans des zones à risque. »
Une première présentation du concept a eu lieu en novembre 2025, lors du salon Milipol dédié à la sûreté et à la sécurité intérieure des États, et en janvier 2026 lors du Consumer Electronic Show (CES) à Las Vegas.
Trois modèles de capsules
Le premier modèle, une version antibalistique à l’épreuve des balles et du feu, entre en phase de tests. Une fois les certifications obtenues pour les marchés européen et américain, sa production démarrera d’ici à septembre chez un sous-traitant barcelonais spécialisé dans les structures en acier.
Parallèlement, la fabrication du prototype du second modèle, une capsule flottante destinée à faire face aux inondations, va démarrer. Les premiers exemplaires seront disponibles en fin d’année. Le troisième modèle doit, quant à lui, permettre de se mettre à l’abri en cas de risque sismique. Son développement démarrera en septembre prochain.
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« Pour tester cette capsule, nous allons nous appuyer sur la CCI des Pyrénées-Orientales qui va nous aider à entrer en relation avec des entreprises de la région spécialisée dans la démolition de bâtiment pour réaliser des tests grandeur réelle », indique Cédric Choffat.
Montée en charge
Le prix de base de ces bunkers mobiles à installer chez soi est compris entre 19 000 et 30 000 euros. Pour financer la montée en charge industrielle de son projet, Cédric Choffat entend s’appuyer sur une opération en trois étapes. La première, une levée de fonds de 375 000 euros auprès de cinq investisseurs privés, est en cours de finalisation : « Cela représente une dilution du capital de 13 %, je garde 87 % », indique-t-il.
La seconde étape se traduira par une opération de crowdfunding, un financement par royalties non dilutif, dont l’objectif est compris entre 300 000 et 500 000 euros, le dirigeant réfléchissant au caractère public ou privé de l’opération, réalisée avec la plateforme Wedogood. Le troisième volet du financement sera réalisé auprès de partenaires bancaires avec lesquels l’entrepreneur se dit en discussion, pour un crédit de 250 000 euros.
A l’image de la panic room
Benoît de Saint-Sernin, président du Cercle de l’Arbalète, une association qui fédère les équipementiers des forces spéciales et des unités spéciales françaises, valide le potentiel disruptif du concept : « Vu le climat actuel, l’innovation proposée par Momentum Technologies suscite de l’intérêt », confirme-t-il.
En particulier la capsule antibalistique qui pourrait sécuriser des personnes-clés dans une ambassade par exemple, un peu à l’image de la panic room, « le temps qu’une unité spéciale intervienne ».
Autre usage possible par les forces spéciales, selon ce spécialiste, à l’arrière de certains véhicules de combat intervenant dans des zones à risque : « La capsule pourrait être utile pour exfiltrer des otages par exemple ».
Le professionnel signale également des marques d’intérêt pour la capsule flottante.
« Plus qu’une capsule de survie, ce modèle pourrait faire office de capsule de repos lors des interventions pour un nageur déposé par un sous-marin ou encore lors d’une intervention de longue durée », imagine-t-il.
Reste la capacité d’accueil de ces capsules : actuellement limitée à quatre personnes (deux adultes et deux enfants), elle mériterait d’être revue à la hausse, estime Benoît de Saint-Sernin qui prévoit de proposer à Momentum Technologies de participer, en avril 2027, au salon dédié aux forces spéciales que le Cercle de l’Arbalète organise tous les deux ans.