Avec le rachat de son rival francilien La Tournée, Le Fourgon couvre désormais près de 45% de la population française.Lorsque deux start-up se lancent quasi simultanément sur un même créneau, l'histoire hésite souvent entre rivalité et partenariat. Dans le cas du réemploi des contenants, la seconde voie l’a emporté : Le Fourgon, pionnier lillois de la consigne créé en 2021, présent partout sur le territoire sauf en Ile-de-France, annonce le rachat de La Tournée, son concurrent francilien lancé six mois plus tard. Les deux jeunes pousses unissent désormais leurs forces sous une marque unique, Le Fourgon, qui couvre 45% de la population française.
Cette union vise à accélérer l’adoption par le grand public et les entreprises d’un modèle de consommation plus vertueux pour la planète, qui pourrait réduire drastiquement les déchets d'emballage. Pour ce faire, Le Fourgon livre à domicile des boissons, pâtes, riz, céréales, produits ménagers et de toilette, dans des emballages consignés, puis récupère les emballages vides lors de sa prochaine tournée. Ses fourgons sont 100 % électriques, et le client n'a pas à payer la consigne à l’avance s'il retourne le contenant dans les soixante jours.
A la chasse aux volumes et à la rentabilité
La start-up circulaire revendique 40 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024, a déjà convaincu plus de 80 000 foyers en France, et réutilisé plus de 30 millions d’emballages depuis sa création, dont 2 pour le seul mois de novembre 2025. Avec La Tournée, le nouvel ensemble pèse 100.000 clients et 48 millions d'emballages collectés. « Beaucoup de foodtech meurent car c'est une industrie à marges faibles où faire du volume est crucial pour être rentable », explique Charles Christory, PDG et cofondateur du Fourgon.
D'après lui, Le Fourgon a réussi à éviter cet écueil en accordant autant d'importance à la mission -débarrasser l'agro-alimentaire du plastique- qu'à la technologie. « Nous sommes une vraie boîte de tech : nos tournées ultra optimisées, nos coûts par client très bas, la gestion fine de nos entrepôts et notre ancrage local avec 45% de produits locaux, font que notre modèle fonctionne. Il a juste besoin de plus de volume pour devenir rentable », veut-il croire.