La qualité de service mobile est moins bonne pour les voyageurs européens en itinérance que pour les utilisateurs locaux du même réseau sur le continent. Des résultats qui interrogent, même en tenant compte des limites techniques du roaming.Armez vous de patience si vous vous rendez dans un pays européen avec l’intention de vous connecter au service mobile sur place. Dans 80 % des cas, vous écoperez d’une vitesse de téléchargement plus lente que celle dont bénéficient les utilisateurs locaux. 68 % du temps, vous pâtirez également d’une vitesse de chargement moins bonne et votre latence sera 90 % des fois plus élevée. Et, lorsque vous passerez la frontière en voiture, vous pourrez mettre jusqu’à dix minutes avant de réussir à vous connecter au nouveau réseau.
Bref, la qualité de service mobile des voyageurs européens en situation d’itinérance -ou roaming- n'est pas encore au niveau de ce que l'on pourrait attendre, comme le révèle une étude commandée par la Commission européenne. L’expérience est même généralement largement inférieure à ce que les voyageurs vivent chez eux. Pas tout à fait le “Roam like at home” (le "Roaming comme à la maison") promis par la Commission européenne depuis 2017. C’est la société française Mozark qui a réalisé les tests via son application 5GMark dans 20 pays de l’Union européenne.
Des limitations techniques
La première explication de ces résultats est technique. Les conditions du roaming ne permettent pas de fournir exactement la même expérience à un utilisateur local et un voyageur d'un autre pays européen. A commencer lors du passage d'une frontière. « Imaginons que vous arriviez en Pologne. Votre téléphone va accrocher le réseau radio visité mais, ensuite, il va y avoir un mécanisme d'authentification auprès de vote opérateur en France pour savoir si vous avez bien le droit de vous présenter sur ce réseau, vérifier si vous êtes éligible au roaming et le contenu de votre offre » , nous explique Jérôme Hardouin, directeur technique roaming d'Orange Wholesale.
Plusieurs tentatives sont parfois nécessaires pour se connecter au réseau, d'autant que la puissance des antennes peut être limitée à la frontière de deux pays pour éviter les interférences, et que la couverture ne sera pas forcément continue. Concernant les différences de qualité de service entre les voyageurs et les locaux, « il faut aussi savoir qu'en roaming, le trafic data est réacheminé par l'opérateur visité vers l'opérateur d'origine, ce qui introduit une latence supplémentaire », ajoute Jérôme Hardouin.