SFR vaut-il 21 milliards ? La « négo de la valo » ne fait que commencer
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Le logo de l'opérateur SFR.
YH - REUTERS - REUTERS - Yves Herman
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Une bonne surprise. L’offre non engageante dégainée ce 14 octobre par Bouygues Telecom, Free et Orange pour racheter SFR a soulagé les marchés financiers qui commençaient à douter de leur capacité à s’entendre.
Cette proposition plutôt rapide, à 17 milliards d’euros, a eu le mérite de sortir de l’ombre. Mais aussi de mettre enfin un chiffre concret sur la valeur de l’ensemble du groupe Altice France. Nous savons désormais que le trio d'acquéreurs l'estime à 21 milliards d’euros.
Ces montants sont cohérents, d'après plusieurs analystes que La Tribune a consultés. La banque américaine JP Morgan affirme, de son côté, que ses propres calculs étaient très proches, avec une valorisation à 20,5 milliards d’euros. Les 17 milliards sont obtenus en multipliant par 5 l'Ebitda d’Altice France, soit le chiffre d’affaires avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement.
Et les quatre milliards restants correspondent aux actifs dont ne veulent pas les trois candidats. Il s’agit des centres d’appels (Intelcia), des activités outre-mer, de la filiale avec les techniciens (Altice Technical Services), des data center (UltraEdge) et du réseau de fibre optique XpFibre dont Altice France conserve la moitié des parts. Ce dernier pèserait à lui seul 3,5 milliards d’euros pour un prix total de 7 milliards, plutôt en phase, là encore, avec les estimations.
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Pourtant, l’offre a été « refusée immédiatement », comme l’a écrit à ses salariés Arthur Dreyfuss, le PDG d’Altice France, dans un message que La Tribune a pu consulter. Des termes lapidaires pour signifier que les montants ne sont pas à la hauteur. Qu'a-t-il en tête ? Probablement les 30 milliards d'euros évoqués par le site Bloomberg au printemps dernier. JP Morgan ne s’est toutefois pas privé de rappeler que ces chiffres n'émanaient d'aucune source officielle. « Tout le monde sait que ces 30 milliards, c’est le chiffre que Patrick Drahi avait volontairement fait fuiter », s’amuse un fin connaisseur du dossier.
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