Fusion avortée dans l’aérien américain, United se heurte au refus d’American
latribune.fr
Un tel rapprochement aurait pourtant constitué la plus importante consolidation du secteur depuis plus d'une décennie.
/FW1FP/Howard Goller - REUTERS - Jim Young
Le projet de fusion a été abandonné après le refus catégorique d’American d’ouvrir des discussions, mettant fin à une opération qui aurait profondément recomposé le paysage aérien américain.
Le projet de rapprochement entre United Airlines et American Airlines, qui aurait pu bouleverser l’équilibre du transport aérien aux États-Unis, a tourné court. Faute d’ouverture de négociations, United a annoncé lundi renoncer à cette opération d’envergure.
Le directeur général de United Airlines, Scott Kirby, a reconnu l’échec des discussions avant même leur lancement. « J’espérais pouvoir présenter cette histoire à American, mais ils ont refusé d’entrer en discussion et ont répondu en fermant publiquement la porte », a-t-il déclaré. Une fin de non-recevoir nette, qui enterre une hypothèse évoquée ces dernières semaines dans les cercles politiques et industriels.
Selon des informations rapportées début avril, Scott Kirby avait soulevé l’idée d’une fusion lors d’une rencontre fin février avec le président américain Donald Trump, notamment dans le cadre d’échanges sur l’avenir de l’aéroport de Washington-Dulles. Mais la perspective d’un tel rapprochement s’est rapidement heurtée à une opposition frontale du côté d’American Airlines.
Anticoncurrentielle
« Les déclarations publiques d’American montrent clairement qu’une fusion comme celle-ci est exclue pour l’avenir prévisible », a ajouté Scott Kirby. La compagnie n’a pas commenté directement ces propos lundi, mais son directeur général, Robert Isom, avait déjà rejeté catégoriquement l’idée la semaine précédente, estimant qu’une telle opération serait anticoncurrentielle et défavorable aux clients.
Un tel rapprochement aurait pourtant constitué la plus importante consolidation du secteur depuis plus d’une décennie. Le marché domestique américain est déjà dominé par quatre grands acteurs, et une fusion entre United et American aurait encore renforcé cette concentration, alimentant les craintes des régulateurs et des analystes.
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Face à ces critiques, Scott Kirby a défendu les bénéfices potentiels du projet. Un accord « aurait considérablement augmenté le nombre total de sièges en classe économique sur le marché », a-t-il assuré, ajoutant : « Nous ne proposerions pas une fusion qui ferait augmenter les prix pour les clients ». Il a également mis en avant la création d’une « compagnie aérienne véritablement compétitive à l’échelle mondiale – basée aux États-Unis », susceptible de générer des emplois et de soutenir l’économie nationale.
Sujet sensible
Ces arguments n’ont pas suffi à convaincre les autorités. Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, avait prévenu que United devrait « mieux expliquer en quoi cela serait bénéfique pour le consommateur américain » pour espérer faire avancer le dossier. De son côté, Donald Trump s’était montré clairement réservé : « Mais American se porte bien, et United se porte très bien. Je connais les gens de United, ils se portent très bien. Je n’aime pas l’idée qu’ils fusionnent », avait-il déclaré.
Dans ce contexte politique et concurrentiel défavorable, le projet n’aura donc pas dépassé le stade des intentions. Pour United, comme pour American, la consolidation du secteur reste un sujet sensible, à la croisée des enjeux de concurrence, de souveraineté économique et de pouvoir d’achat des consommateurs.