Les compagnies aériennes pourraient bénéficier de plusieurs mesures pour atténuer l’impact de la hausse du prix du kérosène et contrer l’éventuelle pénurie de carburant. Le transport aérien reste suspendu à l’issue plus incertaine que jamais du conflit en Iran.Face à une crise qui semble de plus en plus inévitable, les États commencent à fourbir leurs armes. Et en particulier dans le but de protéger l’un des secteurs qui pourrait le plus souffrir d’un enlisement du conflit en Iran : le transport aérien, qui entame la saison estivale avec anxiété. « C'est le secteur qui subit actuellement la plus forte pression », a souligné Dan Jorgensen, le commissaire européen à l'Énergie, lors d’une conférence de presse organisée mercredi 22 avril. En France et à l’échelle européenne, les discussions battent ainsi leur plein pour anticiper les mesures à prendre, alors que cette nouvelle crise menace de durer encore plusieurs mois.
Pour l’heure, le transport aérien semble bien se diriger tout droit vers une période de très fortes turbulences. D’abord parce que le prix du kérosène reste à un niveau très élevé. Le prix du baril de kérosène s’élevait mi-avril, en moyenne hebdomadaire, à 185 dollars, selon les dernières données de l’Association du transport aérien international (IATA). Soit une augmentation de 105 % par rapport à la même période de l’an dernier. Ce qui met à mal les trésoreries des compagnies aériennes, le carburant représentant en ce moment entre 25 et 45 % des coûts d’exploitation.
Création d'un observatoire du kérosène
Mais la situation pourrait aussi basculer en raison d’une pénurie de carburant. Les premiers signes d’un manque de kérosène pourraient intervenir entre les mois de mai et de juin, le trafic maritime au niveau du détroit d’Ormuz restant quasi inexistant. Et aucun signe de franche reprise ne pointe à l’horizon. Or l’Europe, comme la France, importe environ 50 % de son kérosène depuis les pays du Golfe.
Premier levier d’action, évoqué par la Commission européenne : la mise en place d’un observatoire. Et Dan Jorgensen d’égrener les questions auxquelles cet outil devra répondre : « Où sont les capacités de production de kérosène ? À qui appartiennent-elles ? Quelles sont les quantités importées et exportées ? » « Nous sommes conscients que nos économies dépendent de notre capacité à voler », a poursuivi le commissaire européen à l'Énergie, précisant que de nombreux pays sont par ailleurs dépendants de l’activité touristique.