Le trafic aérien français dépasse enfin son niveau d’avant-Covid, mais le marché intérieur s’effondre
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Les lignes dites radiales, reliant la capitale aux grandes villes, sont les plus touchées, avec un nombre de passagers en baisse de 29,9 % par rapport à l'avant-crise sanitaire.
CP/SAA/ - REUTERS - CHARLES PLATIAU
En 2025, le trafic aérien français a atteint 183 millions de voyages, un niveau supérieur à 2019. Mais cette performance est portée par le seul trafic international.
Le transport aérien français a franchi en 2025 un cap symbolique : pour la première fois depuis la crise sanitaire, le nombre de passagers a dépassé son niveau d’avant la pandémie. Cette reprise globale masque toutefois une réalité plus contrastée, marquée par la poursuite du recul du trafic intérieur, selon des statistiques publiées lundi par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).
Au total, 183 millions de voyages aériens individuels ont été recensés au départ ou à l’arrivée du territoire français sur des vols commerciaux en 2025. Ce volume représente une progression de 2,8 % sur un an et dépasse de 1,9 % le précédent record atteint en 2019. La dynamique est essentiellement portée par les liaisons internationales, qui concentrent désormais l’essentiel de l’activité.
Le trafic international a ainsi représenté 85 % du volume total de passagers l’an dernier. Il s’est établi à un niveau supérieur de 7,3 % à celui observé six ans plus tôt, confirmant le rôle moteur des flux transfrontaliers dans la reprise du secteur aérien.
Fiscalité et visioconférences
À l’inverse, le marché domestique continue de s’enfoncer. Le nombre de voyageurs sur les lignes intérieures a reculé de 1,5 % entre 2024 et 2025 et demeure inférieur de 20,9 % à son niveau de 2019.
Cette faiblesse persistante du trafic intérieur s’explique par plusieurs facteurs structurels. Les professionnels du secteur pointent la concurrence accrue du train, en particulier sur les liaisons entre Paris et les grandes métropoles régionales. À cela s’ajoutent l’alourdissement récent de la fiscalité sur les billets d’avion, le recours accru aux visioconférences et les politiques de responsabilité environnementale mises en œuvre par de nombreuses entreprises.
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Les lignes dites radiales, reliant la capitale aux grandes villes, sont les plus touchées, avec un nombre de passagers en baisse de 29,9 % par rapport à l’avant-crise sanitaire. Les liaisons transversales, de région à région, enregistrent également un recul marqué, de 21,5 % sur la même période. À contre-courant, les dessertes vers et depuis l’Outre-Mer ont contribué à limiter la contraction du marché intérieur, affichant une hausse de 3,1 % par rapport à 2019.
L'Afrique en tête
À l’international, la reprise est très inégale selon les zones géographiques. Les liaisons avec l’Afrique affichent la croissance la plus soutenue depuis le Covid, avec une hausse de 31,8 % en six ans. Les flux avec l’Union européenne (+6,4 %) et l’Amérique (+6,1 %) ont également dépassé leurs niveaux d’avant-pandémie.
En revanche, la région Asie-Pacifique reste en retrait, avec un trafic inférieur de 5 % à celui de 2019. Les liaisons avec la Chine (-30,4 %) et surtout le Japon (-34,8 %) demeurent particulièrement dégradées. Dans le cas japonais, la faiblesse du yen pourrait avoir dissuadé une partie des touristes de se rendre en Europe. Cette situation est également liée à la fermeture de l’espace aérien russe aux compagnies françaises depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, qui complique et renchérit la desserte de l’Extrême-Orient.