Ventes de voitures neuves en Europe : 5e mois de hausse porté par l’hybride
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La Fiat 500 hybride doit compléter la 500 électrique, commercialisée il y a cinq ans.
Stellantis
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La Fiat 500 hybride doit compléter la 500 électrique, commercialisée il y a cinq ans.
Stellantis
Dans les concessions automobiles, l’ambiance est au soulagement prudent. En novembre 2025, 887 500 véhicules neufs ont trouvé preneurs dans l’Union européenne. Un chiffre en hausse de 2,1 %, qui marque le cinquième mois de croissance consécutif. Derrière cette statistique, une réalité saute aux yeux : le consommateur européen ne veut pas choisir entre la fin du monde et la fin du mois. Il choisit l’hybride.
Voilà ce que montrent les chiffres de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea, le lobby des constructeurs) publiés ce mardi 23 décembre : les voitures hybrides représentent désormais plus d’un tiers (34,6 %) du marché. En Espagne, les ventes s’envolent de 26 %, tandis que la France suit une trajectoire similaire (+ 24,2 %). Ce n’est plus une simple tendance, c’est un refuge. L’hybride rechargeable, longtemps décrié pour son poids et son usage réel souvent thermique, opère un retour en grâce spectaculaire (+ 113 % en Espagne).
Ce dynamisme masque pourtant une croissance globale atone (+ 1,4 % sur onze mois). On ne peut parler d’explosion de la consommation, mais plutôt d’une réorientation forcée de la demande. L’électrique pur, s’il progresse pour atteindre 16,9 % de part de marché, semble avoir heurté un plafond de verre social et infrastructurel que seule une minorité aisée a pu franchir pour l’instant.
Le signal le plus fort de ce mois de novembre ne se lit pas seulement dans les carnets de commandes, mais dans les couloirs de la Commission européenne. Le 16 décembre dernier, l’UE a acté l’abandon de l’interdiction stricte du thermique pour 2035. Une victoire politique majeure pour l’Acea et les lobbys industriels qui dénonçaient un « suicide industriel » face à la concurrence chinoise.
Cette reculade réglementaire change tout pour des acteurs comme Volkswagen, qui consolide sa domination (27,7 % de part de marché), ou Renault, qui tire son épingle du jeu avec ses modèles hybrides accessibles. À l’inverse, Stellantis semble payer le prix d’un pari électrique peut-être trop radical ou mal exécuté, affichant un décrochage qui inquiète les places financières.
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Sur le terrain, cette mutation n’est pas qu’une affaire de graphiques. Dans les usines françaises ou allemandes, l’incertitude sur le « tout-électrique » pesait sur des milliers d’emplois liés à la chaîne de traction thermique. Le maintien de l’hybride au-delà de 2035 offre un répit technique aux équipementiers. Mais au prix d’une dépendance prolongée aux énergies fossiles et d’un retard possible sur la maîtrise des batteries solides de demain.
L’Europe célèbre ses cinq mois de hausse comme une convalescence réussie. En desserrant l’étau du 100 % électrique, l’Union européenne protège ses fleurons industriels à court terme, mais risque de laisser le champ libre à BYD ou Tesla sur le segment technologique pur. Elle sauve les emplois d’aujourd’hui en hypothéquant la souveraineté de demain. Le « sursis » de novembre est une bouffée d’air pour l'industrie automobile européenne, mais son avenir est, plus que jamais, suspendu entre une transition écologique et une réalité de marché qui, elle, ne se décrète pas.
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