Pourquoi Mitt Romney n'a pas encore remporté les primaires républicaines

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Favori annoncé, l'ancien gouverneur du Massachusetts peine toujours à s'assurer l'investiture du parti pour l'élection présidentielle. Les conservateurs lui préfèrent Rick Santorum et Newt Gingrich.

Avec près de la moitié des voix, Rick Santorum a confirmé samedi en Louisiane sa domination dans les Etats du sud des Etats-Unis. Deuxième, avec 27% des suffrages, Mitt Romney a confirmé, lui, son incapacité à s'imposer dans cette région conservatrice et religieuse. La Caroline du Sud, la Géorgie, le Tennessee, l'Oklahoma, le Mississippi, l'Alabama et donc la Louisiane: autant d'Etats qui ont échappé au grand favori des primaires républicaines. Cela explique pourquoi ces primaires ne sont pas encore pliées.

Un favori par défaut

Car Mitt Romney a beau faire office de favori depuis le début, c'est un en réalité un favori par défaut. Jamais l'ancien homme d'affaires n'a véritablement été en mesure de rassembler au-delà de ses partisans de la première heure. Son image de seul candidat capable de renverser Barack Obama et la volonté de certains électeurs d'en finir au plus vite avec ces primaires lui ont, parfois, permis de le faire. Mais sans jamais créer un réel mouvement d'adhésion. Il s'est au contraire développé, chez de nombreux sympathisants républicains, un sentiment de rejet, de "tout sauf Romney" qui a successivement porté Michele Bachmann, Rick Perry, Herman Cain, Newt Gingrich puis Rick Santorum en tête des sondages nationaux.

Ses échecs répétés dans le sud du pays ne sont donc pas le fruit du hasard. Ils témoignent de l'opposition d'une partie de l'électorat du parti républicain qui estime que Mitt Romney n'est pas assez conservateur. Comprenez : pas assez à droite. Son problème, c'est en partie d'avoir été le gouverneur du Massachusetts. Un Etat du nord-est des Etats-Unis où se trouve la très libérale (dans le sens américain) ville de Boston. Pour s'y imposer et gouverner, il a dû adopter des positions que les militants du Tea Party, notamment, répugnent. Or c'est cette mouvance ultralibérale qui donne le tempo de la campagne dans de nombreux Etats.

Mitt Romney a également réformé le système de santé en imposant le mandat individuel, c'est-à-dire l'obligation faite à tous les résidents de l'Etat de souscrire à une assurance maladie. Cette loi, rebaptisée "Romneycare", est souvent citée en exemple et comme source d'inspiration par Barack Obama, bien content de défendre sa réforme de la santé avec l'aide, bien involontaire, d'un candidat à l'investiture républicaine. Mitt Romney a beau se défendre, en expliquant que ce qui est acceptable au niveau d'un Etat ne l'est pas forcément à l'échelon national, rien n'y fait. Les républicains ne veulent plus de "Obamacare" et estiment majoritairement que Romney n'est pas assez crédible sur ce sujet.

Le "modéré du Massachusetts"

Ses adversaires l'ont bien compris et ne cessent d'insister sur ce point, rappelant à l'envi toutes les positions passées de leur adversaire sur l'avortement, le contrôle des armes, l'immigration... Newt Gingrich le surnomme ainsi le "modéré du Massachusetts". La semaine dernière, Rick Santorum a sous-entendu, avant de se rétracter en partie, qu'il fallait mieux réélire Barack Obama plutôt qu'ouvrir les portes de Maison-Blanche à Mitt Romney. Ce dernier est donc contraint de durcir son discours, se lançant parfois dans une course à la surenchère. La semaine dernière, l'un de ses principaux conseillers a laissé envisager qu'il changerait de discours face à Barack Obama, pour ne pas effrayer les électeurs indépendants. Une aubaine pour ses rivaux, qui ont depuis redoublé d'attaques.

Au-delà de l'aspect idéologique, Mitt Romney souffre aussi d'un déficit d'image. Millionnaire, il apparait bien loin des difficultés quotidiennes des Américains, prêt à parier 10.000 dollars avec Rick Perry au cours d'un débat. C'est au contraire le candidat des élites (qui écrasent ses concurrents auprès des électeurs à haut revenus) et de Wall Street, où il a fait fortune. Il s'oppose ainsi à Rick Santorum, qui cultive son image de candidat de la classe moyenne et ouvrière, proche de la population. Plus distant, Mitt Romney ne parvient pas à créer de liens. Ses discours sont souvent froids, sans émotion, sans passion. Des petits détails qui peuvent faire une grande différence.

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