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Obama-Romney : le duel annoncé aura bien lieu

Jérôme Marin, à New York

Publié le 11 avril 2012 à 20:57

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Après le retrait de Rick Santorum, l'investiture du parti républicain ne peut plus échapper à Mitt Romney. L'ancien gouverneur du Massachusetts dirige désormais tous ses efforts contre le locataire de la Maison-Blanche.

Cela aura pris plus de temps qu'initialement attendu mais moins de temps que redouté par la suite. Mardi, Mitt Romney s'est assuré l'investiture du parti républicain, profitant du retrait de Rick Santorum, son principal adversaire. Car si l'ancien gouverneur du Massachusetts n'a pas encore obtenu les 1.144 délégués nécessaires (il en compte pour l'instant 664 selon le dernier décompte réalisé par le "New York Times"), la victoire ne peut plus lui échapper. Les prochaines primaires ne seront alors plus qu'une simple formalité, avant d'être officiellement investi fin août lors de la convention républicaine.

Mais si Mitt Romney s'est imposé, il l'a fait sans éclat. Voire même par défaut, faute d'avoir en face de lui des candidats pouvant tenir la distance, aussi bien sur le plan financier que sur celui des idées. Tour à tour, Michele Bachmann, Rick Perry, Herman Cain puis Newt Gingrich n'ont pas su maintenir l'enthousiasme qu'ils avaient suscité au sein de l'électorat conservateur jugeant Mitt Romney trop modéré. Rick Santorum y était parvenu. Mais son manque d'organisation et ses positions extrêmes l'ont empêché de rassembler au-delà et ainsi de se poser en rival véritablement dangereux.

A six mois des élections de novembre, Mitt Romney ressort quelque peu affaibli de ces primaires, bien plus compliquées que prévu. Il doit désormais faire face à une délicate équation. D'un côté, il doit rassembler et rassurer une frange non négligeable des militants républicains, notamment ceux du Tea Party, qui ne le jugent pas assez conservateur. Ces électeurs s'étaient fortement mobilisés lors des élections de mi-mandat de novembre 2010, permettant au "Grand Old Party" de reprendre le contrôle de la Chambre des républicains et de gagner des sièges au Sénat. Leur mobilisation sera à nouveau importante.

De l'autre, Mitt Romney va également devoir courtiser les électeurs indépendants, ces indécis qui scellent traditionnellement le sort des élections présidentielles américaines, après avoir dérigé sur la droite. Maladroitement, l'un des ses conseillers avait résumé la stratégie à venir: "Je pense qu'on appuie sur le bouton 'redémarrer' pour la campagne de l'automne. Tout change. C'est presque comme un écran magique. On peut le secouer et tout recommencer", avait-il expliqué sur CNN. Il lui faudra également regagner le c?ur des femmes, nettement favorables à Barack Obama, après une surenchère républicaine contre l'avortement et la contraception.

Dès le début de la campagne à l'automne 2010, Mitt Romney était déjà projeté sur son affrontement avec Barack Obama, se positionnant souvent au-dessus de la mêlée. Ses difficultés à rapidement remporter les primaires l'avaient par la suite contraint à d'abord se concentrer sur ses rivaux républicains. La victoire dans la poche, il va maintenant pouvoir à nouveau diriger l'essentiel de ses efforts contre le président américain. Les angles d'attaques sont connus: la persistance du chômage, le poids des dépenses publiques, l'abondance de régulation et bien entendu l'inévitable réforme de la santé, examinée fin mars par la Cour suprême et menacée d'invalidation.

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Les équipes démocrates n'ont pas attendu la victoire de Mitt Romney pour le cibler, le décrivant depuis des mois comme le candidat servant les intérêts de Wall Street et des Américains les plus riches, bien aidés par son passé à la tête du fonds d'investissements Bain Capital au cours duquel il a fait fortune. Mardi, Barack Obama a de nouveau insisté sur la "Buffett Rule", qui doit garantir que les millionnaires paient, proportionnellement, au moins autant d'impôts que la classe moyenne. Cette question de justice sociale devrait être l'un des piliers de la campagne démocrate. Mais l'élément déterminant sera certainement l'amélioration de la conjoncture et de l'emploi. Si elle se confirme, la tâche de Barack Obama sera grandement facilitée. En revanche, la hausse continue des prix de l'essence pourrait être un poids.

Les derniers sondages tournent en tout cas nettement à l'avantage de Barack Obama, crédité de 51% des intentions de vote dans une enquête réalisée par le "Washington Post" et ABC News. Mitt Romney recueille seulement 43%. Mais la volatilité des intentions de vote reste encore importante: le mois dernier, le candidat républicain devançait son adversaire démocrate.

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Actualités, petites phrases, sondages et analyses... Suivez au jour le jour les primaires républicaines et la présidentielle sur notre blog consacré aux élections américaines. 

Jérôme Marin, à New York

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