Diane Drubay, la grande prêtresse des "néo-musées"

Perrine Créquy

Perrine Créquy
Une Vénus botticellienne, vêtue de ses propres créations, avec 4.500 followers sur Twitter et un « Klout » de 52 (soit un score d'influence en ligne honorable). Diane Drubay, 29 ans, s'est fait un nom dans le milieu des musées, en tant qu'évangélisatrice aux pratiques numériques et aux nouvelles formes de médiation culturelle.
Depuis octobre 2008, elle dirige Buzzeum, une agence de communication et de stratégie digitales pour les institutions culturelles et les musées. À l'origine, Buzzeum était un blog, successeur d'un précédent, intitulé Du marketing plein les doigts, qu'elle avait fondé lors de ses études de commerce à l'Ipag.
Forte de ce succès, elle se recentre sur l'art - sa passion -, en 2007 et demande aux musées de lui offrir la visite de leurs expositions contre un billet dans Buzzeum.
Poursuivant sa formation avec un Master économie de la culture à la Sorbonne, elle enchaîne les stages au sein d'institutions prestigieuses, comme le musée d'Orsay et la Direction des musées de France. En octobre 2008, Pierre-Mary Thibault, partner au sein de l'agence de conseil Aldea, lui propose de mener une réflexion sur la refonte du site Internet du musée Rodin. Elle transforme alors Buzzeum en agence et enchaîne les missions : au musée d'Art contemporain du Val-de-Marne, à la Fondation Monnet à Giverny, au musée Jean-Jacques Henner ou encore au Théâtre Montansier.
La téméraire Diane Drubay n'hésite pas davantage quand, alors qu'elle est intérimaire au ministère de la Culture en 2008, sa hiérarchie lui refuse de créer une page Facebook pour promouvoir la Nuit des Musées : elle ouvre une page non officielle consacrée à la Nuit des Musées européenne.
Dès l'édition suivante, elle instaure un groupe Facebook, un blog et un compte Dailymotion. En 2010, elle intègre un compte Twitter au dispositif, qui fédère une quarantaine de musées. Le Centre Pompidou se joint l'année suivante à l'opération, additionnée d'un jeu de réalité augmentée : Cherche Tom dans la nuit.
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À l'heure de l'économie du partage, elle table sur l'essor de la collaboration entre les musées, notamment par le partage d'expositions.
Dès son enfance, elle a baigné dans le milieu de l'art et de la culture.
Et depuis quatre ans, elle entretient une relation suivie avec le château de Versailles, où elle met en place des événements et des concours sur Tumblr pour faire découvrir aux blogueurs le Versailles « intime, humain et secret », avec la découverte de la chambre de Marie-Antoinette ou les appartements des maîtresses du roi.
Quand elle a commencé cette collaboration, Laurent Gaveau, aujourd'hui directeur du Lab de l'Institut culturel de Google, était le directeur adjoint de la communication au château de Versailles :
Diane Drubay admet que c'est la passion qui l'anime, et qu'elle consacre souvent bien plus de temps à ses missions que les heures qu'elle facture. Elle qui se dit « peu versée dans le networking » a organisé dans son salon, dès la fin 2010, des « Muséoapéros ». En 2011, elle s'associe au webmaster du Muséum de Toulouse, Samuel Bausson, au « hacker de musées », Julien Dorra, à la société Nod-A et au Centre Érasme pour fonder Museomix, qui fédère et anime la communauté des « Muséogeeks », ces acteurs de la culture épris de digital, et promeut l'innovation dans la médiation culturelle.
Elle décide alors d'étendre son champ d'action à l'Europe et lance We Are Museums, avec Claire Solery.
We Are Museums vise à rassembler les acteurs du monde des musées lors d'un événement décontracté, pour explorer les nouvelles formes de médiation.
Fin 2012, Diane Drubay décide de tourner la page Museomix, devenu trop orienté sur les outils à son goût.
Après Vilnius, en Lituanie, la deuxième édition de ce congrès annuel s'est tenue à Varsovie, en Pologne, le mois dernier.
Pour ces deux jours de rencontres, pas de budget mais six mois de préparation et 17 partenariats.
Fin juin, elle a fait ses valises pour Berlin, où se déroulera l'édition 2015 de We Are Museums. Dès son arrivée dans la capitale allemande, c'est bien entendu sur Twitter qu'elle a donné le ton :
De quoi esquisser de premiers partenariats.
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>>> MODE D'EMPLOI
Où le rencontrer ? : Dans un avion. « Je voyage souvent entre Berlin, la Pologne et Paris. Faute de temps, je ne fréquente plus tous les vernissages des galeries parisiennes. Le plus simple est de me joindre par mail. »
Comment l'aborder ?: Passionnée. « Si votre phrase commence par "j'aime" ou "j'adore", vous aurez toute mon attention ! Ensuite, nous pourrons parler de business. »
À éviter ! : Les formalités. « Je déteste les gens pointilleux sur les questions pratiques. Et les costards-cravates ! »
>>> TIMELINE
Février 1985 Naissance à Orléans
2007 Lance le blog Buzzeum
Octobre 2008 Fonde l'agence Buzzeum
2011 Confonde Museomix
Fin 2012 Lance les rencontres We Are Museums
Juillet 2014 Déménage à Berlin pour préparer We Are Museum 2015
2016 Organise des colloques à Budapest, Bucarest ou Riga. Lance un réseau et un blog de veille européens.
Février 1985 Naissance à Orléans
2007 Lance le blog Buzzeum
Octobre 2008 Fonde l'agence Buzzeum
2011 Confonde Museomix
Fin 2012 Lance les rencontres We Are Museums
Juillet 2014 Déménage à Berlin pour préparer We Are Museum 2015
2016 Organise des colloques à Budapest, Bucarest ou Riga. Lance un réseau et un blog de veille européens.
Perrine Créquy
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