Heineken mi-vide, mi-pleine
Gael Vautrin
Gael Vautrin
À lire également
Il y a deux façons d'apprécier les résultats de Heineken aujourd'hui. La première consiste à focaliser sur la seule hausse de 17 % des bénéfices à 621 millions d'euros et de lever son verre pour saluer la performance. Ça c'est le verre à moitié plein ... La seconde consiste a regarder la baisse de 2,3 % des volumes sur la même période et se dire que la qualité des résultats ne repose en définitive que sur les économies de coûts et la contribution des co-entreprises du brasseur. Ça c'est le verre à moitié vide ... Celui qui reflète au mieux finalement la réalité. Crise financière et désormais cure d'austérité obligent, force est de constater que les temps ne sont pas à la fête en occident et que l'on y boit moins de bière qu'avant. Notamment en Europe, marché historique du brasseur où il réalisait l'an dernier un peu plus de la moitié de son chiffre d'affaires. Seulement voilà l'euphorie du développement économique et de la croissance n'est plus monopole des économies développées. Elle est désormais celle des pays émergents où l'on y salue semble-t-il plus couramment qu'ici le miracle conjoncturel chaque jour ressuscité. Rien d'étonnant, dans ces conditions à ce qu'Heineken reste prudent quant à ses perspectives de ventes aux Etats-Unis et en Europe pour le second semestre. Et que parallèlement il mise désormais à fond sur les marchés d'Amérique Latine (ou il a racheté le brasseur mexicain Femsa en janvier) et d'Asie. Il était temps que le brasseur voit son marché avec un peu plus de lucidité et de sobriété.
Gael Vautrin
OPINION. « Trente ans d'allègements, et si c'était la courbe le problème ? »
OPINION. « Le bio-manufacturing, prochain tournant stratégique : la France peut-elle se permettre d’attendre »
« Recyclage et réemploi : des enjeux de souveraineté industrielle et écologique »
OPINION. « Asie centrale : la nouvelle frontière économique que la France ne peut plus ignorer »