Quoi de neuf, Docteur Bernanke ?

 |   |  689  mots
La Tribune Infographie/BHEDOUIN
La Tribune Infographie/BHEDOUIN (Crédits : LaTribune Infographie/bhedouin)
Alors qu'il doit se rendre au chevet de l'économie américaine vendredi à Jackson Hole, le président de la Fed est sous la pression des investisseurs et gérants qui attendent désormais un nouveau QE3. Mais gare aux risques de déception.

"On demande d'urgence le Dr Ben Bernanke. Patient en état critique, possible risque de rechute ". L'appel résonne dans les couloirs des bureaux de la Réserve fédérale américaine, à Washington et devrait même pousser jusqu'à Jackson Hole, au fin fond du Wyoming. Sur place vendredi pour le symposium annuel de la Fed, le président de la banque centrale devrait selon toute vraisemblance se presser à nouveau au chevet de l'économie américaine.

A vrai dire, l'ensemble des marchés financiers de la planète ne lui laisse pas vraiment le choix. La question est plutôt de savoir si Ben Bernanke va opter pour une nouvelle opération chirurgicale d'envergure ou pour de la médecine douce alors que l'état de santé de l'économie outre-Atlantique ne cesse de se détériorer, comme l'a confirmé la dégradation au début du mois de la note due crédit du pays par Standard and Poor's.

Le diagnostic du Dr Bernanke va donc être attendu au tournant par les investisseurs. Ces derniers n'espèrent pas moins qu'une troisième piqûre de rappel du vaccin "Quantitative Easing", soit des injections de liquidités massives qui doivent permettre de doper l'économie américaine. Selon le dernier sondage de Bank of America-Merrill Lynch, les gérants mondiaux sont de plus en plus nombreux à espérer ce fameux QE3. Ils sont ainsi 60% en août, contre seulement 28% en juillet, à souhaiter ce nouveau programme d'assouplissement monétaire au cas où le S&P500 reviendrait sur le seuil des 1.100 points. Or, la sévère correction boursière de ces dernières semaines a justement ramené l'indice boursier pratiquement à quelques encablures de ce seuil. Dans le même temps, la proportion des gérants qui n'attendent pas de QE3 s'est sensiblement réduite, passant de 40% en juillet à 22% en août.

Bref, les acteurs du marché demandent ni plus ni moins que le plus grand argentier de la planète sorte l'artillerie lourde pour sortir l'économie des Etats-Unis de sa torpeur. C'est dire que le poids du stéthoscope sur les épaules de Ben Bernanke sera lourd. Une pression d'autant plus grande que les investisseurs sont prêts à réagir vite en cas de déception : d'après les analystes de la Société Générale Cross Asset Research,  les hedge funds n'ont jamais eu autant de positions nettes vendeuses sur le S&P500 depuis 2008 !

Position a minima sur les actions

Ici, une petite comparaison avec l'été dernier s'impose. Car, d'août 2010 à août 2011, le contexte de fin d'été est peu ou prou le même : des inquiétudes sur un retour en récession de l'économie américaine, le fameux scénario de "double dip". Le 27 août 2010, date du discours de Jackson Hole, Ben Bernanke avait répondu aux attentes des investisseurs. Il s'était dit prêt à de nouvelles mesures, préannonçant ainsi le QE2 qui sera lancé officiellement le 3 novembre.

La réaction du marché ne s'était alors pas faite attendre. A 1.050 points fin août, l'indice S&P500 est par la suite parti dans un puissant rally boursier qui l'a porté jusqu'à 1.363 points le 29 avril dernier, son plus haut annuel. Soit une progression de 30%. Depuis, une grande partie du terrain a été perdue, l'indice ayant cédé 14% depuis son record d'avril. Et en cas de déception ce vendredi à l'occasion du nouveau discours de Jackson Hole, c'est bien la totalité des gains cumulés en un an qui pourrait partie en fumée. Si ce n'est plus.

Car, par rapport à août 2010, les gérants semblent encore bien plus nerveux cette fois. Ils étaient l'été dernier 10% (en net) à adopter une position à "surperformance" sur les actions, une proportion déjà pas bien élevée. Ce mois-ci, ils ne sont que 2% (en net) à l'être, toujours selon le sondage de BofA. Et ce alors que ce taux atteignait  35% en juillet ! Les analystes de BofA-Merrill Lynch font d'ailleurs remarquer qu'il s'agit de la plus importante baisse jamais enregistrée sur un mois par le sondage.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/11/2011 à 9:36 :
La FED aurait-elle peur que la BCE se comporte comme elle ? mettre à disposition des QE2, QE 3 ? La finance internationale semble avoir peur de créer une hanarchie financière et monétaire incontrôlable ! Chaque pays se mettant à imprimer !
Réponse de le 29/12/2011 à 9:23 :
Hanarchie écrit comme cela, n'est que le résultat de disposition différentes des lettres sur les claviers ZERTY et QERTY !! ????
a écrit le 25/08/2011 à 13:02 :
Un QE3 aujourd'hui permettrai seulement de gagner un peu de temps et ne résoudrai rien a part agrandir l'immense trou de dette américaine, de toute facon les problemes sont principalement en europe et plus aux USA meme si il y en a !
a écrit le 25/08/2011 à 10:35 :
La Fed n'a pas à subir des pressions. Elle doit etre INDEPENDANTE comme elle le dit si fièrement. C4est de l'argent public, et il ne faut en aucun cas l'utiliser pour faire à des marchés qui mettent la pression en baissant pour mendier une nouvelle aide de centaines de milliards. J'espère que Bernanke aura un peu de décence et aura suffisamment d'intelligence pour ne pas céder à cette pression inacceptable. QU'il ait conscience des dangers énormes de cette planche à billets perpétuelle qui fait perdre toute confiance dans la Fed et dans le dollar, monnaie dont il doit essayer de sauver la crédibilité et la place de monnaie de référence.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :