Affaire GameStop-Melvin Capital : quand Elon Musk s'en mêle !

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(Crédits : Mario Anzuoni)
L'action GameStop a encore fait des siennes mercredi avec un bond de plus de 60% dans les échanges avant l'ouverture de Wall Street, dernier épisode en date d'un feuilleton auquel Elon Musk vient d'apporter sa contribution.

Le titre fait depuis plusieurs jours l'objet d'une lutte entre les fonds spéculatifs, qui pariaient sur sa baisse avec des positions à découvert, et les investisseurs particuliers, qui se ruent sur les options d'achat.

Deux vendeurs à découvert, Citron Research et le fonds spéculatif Melvin Capital, ont annoncé avant l'ouverture de mercredi avoir réduit leur exposition à une action qui s'est envolée de 700% en deux semaines. Citron Research avait estimé la semaine dernière que le titre, qui dépassait mercredi 237 dollars en avant-Bourse, descendrait rapidement en dessous de 20 dollars.

Plus de 70 milliards de dollars de positions à découvert

Les investisseurs qui ont pris des positions de vente à découvert sur des sociétés cotées à Wall Street ont accumulé des pertes estimées à 70,87 milliards de dollars (58,38 milliards d'euros) depuis le début du mois en raison des hausses spectaculaires de certains titres, montrent les données publiées jeudi par la société d'analyse Ortex.

Pour le distributeur de jeux vidéo GameStop, le cours a été multiplié par plus de dix en une semaine, une envolée liée principalement aux achats de milliers d'investisseurs individuels qui avaient partagé des informations sur des messageries en ligne. Ces mouvements inhabituels ont contraint des vendeurs à découvert à racheter des titres pour couvrir leurs pertes potentielles, ce qu'on appelle un "short squeeze".

Selon les données d'Ortex, les positions de vente à découvert perdantes concernaient mercredi plus de 5.000 entreprises américaines. La première d'entre elles est Tesla avec 47 milliards de dollars de positions à la vente, devant le fabricant de batteries à combustibles Plug Power.

En Europe, précise Ortex, les pertes liées à des positions à découvert représentent 208 millions de dollars depuis le 1er janvier sur l'éditeur britannique Pearson et 205 millions sur le spécialiste finlandais des équipements de réseaux Nokia.

"The GameStop effect", un raide très troll

Elon Musk a choisi mardi de participer à l'histoire. "Gamestonk!!", a tweeté mardi le fondateur et patron de Tesla, avec un lien vers Wallstreetbets, un groupe de discussion d'investisseurs particuliers hébergé par le réseau social Reddit.

GameStop est au coeur des débats depuis plusieurs jours sur le compte Reddit r/wallstreetbets (https://www.reddit.com/r/wallstreetbets/) et Elon Musk y est bien connu, ses partisans l'appelant affectueusement "Papa Musk". "Stonk" est un terme boursier utilisé pour désigner familièrement les actions ("stocks").

La ruée sur le titre s'organise depuis plusieurs jours sur Wallstreetbets, de nombreux particuliers se précipitant sur des options à l'achat sur le titre du distributeur de jeux vidéo à la santé fragile, maison mère de Micromania.

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Les investisseurs particuliers, de plus en plus présents en Bourse où la hausse générale des actions et la volatilité leur font espérer des gains rapides, livrent ainsi bataille aux investisseurs professionnels, fonds spéculatifs en tête.

L'action GameStop avait déjà flambé de près de 250% depuis le début de l'année lorsqu'elle a soudainement doublé de valeur lundi avant de réduire ses gains.

Des vendeurs à découvert ont rapidement racheté l'action pour se protéger contre des pertes potentielles et les investisseurs particuliers ont pris leur bénéfice en masse pour profiter de la hausse, un scénario qui pourrait se prolonger, expliquent des traders.

Et si la SEC s'en mêlait...

Peu après le début de la séance de lundi, des utilisateurs de plates-formes de trading comme celles de Charles Schwab ou Robinhood ont fat était d'anomalies de fonctionnement, selon le site spécialisé Downdetector.com. Ces problèmes techniques ne sont que les derniers en date d'une longue série pour les sociétés de courtage dédiées aux particuliers, qui ont vu leurs volumes d'activité exploser depuis un an.

Certains estiment que le régulateur financier américain, la Securities and Exchange Commission (SEC), devrait rapidement se pencher sur la question.

"Un trading aussi volatil qui repose sur des opinions alors que l'activité de l'entreprise ne justifie pas les mouvements de l'action est exactement ce qui peut faire l'objet d'une enquête de la SEC", déclare Jacob Frenkel, ancien juriste à la SEC, désormais à la tête du cabinet juridique Dickinson Wright.

Des titres comme BlackBerry et Nokia ont connu une euphorie similaire à celle entourant GameStop.

La folie autour de ces actions illustre l'opposition grandissante entre les investisseurs professionnels et les amateurs, de plus en plus nombreux et influents en Bourse.

"Je ne pense pas qu'il s'agisse simplement d'un effet de mode, il s'agit plutôt d'un changement générationnel sur la manière dont les gens veulent investir leur argent", commente John Patrick Lee, spécialiste des fonds indiciels cotés (ETF) chez VanEck.

(Avec Reuters)

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