Affolement à Wall Street... le Dow Jones perd plus de 1.500 points

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Signe de l'inquiétude ambiante, l'indice VIX, qui mesure la volatilité sur le S&P 500, s'affichait à son plus haut niveau depuis début 2016.
Signe de l'inquiétude ambiante, l'indice VIX, qui mesure la volatilité sur le S&P 500, s'affichait à son plus haut niveau depuis début 2016. (Crédits : BRENDAN MCDERMID)
L'affolement a gagné Wall Street lundi, où l'indice vedette le Dow Jones chutait plus de 1.500 points, ou plus de 6%, dans un marché fébrile face à la hausse des taux d’intérêt après plusieurs mois d'euphorie boursière.

Vers 21 heures, le Dow Jones Industrial Average est descendu jusqu'à 23.923,88 points, quand l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, perdait dans le même temps 2,65% et l'indice élargi S&P 500 cédait 3,40%. Ce repli, entamé la semaine dernière, a été déclenché par un regain de nervosité face à la hausse des taux d'intérêt.

Signe de l'inquiétude ambiante, l'indice VIX, qui mesure la volatilité sur le S&P 500, s'affichait à son plus haut niveau depuis début 2016.

L'annonce d'une augmentation significative des salaires en janvier aux Etats-Unis a en effet ravivé vendredi les craintes d'inflation et la possibilité de voir la banque centrale américaine (Fed) relever plus rapidement que prévu ses taux.

Cette possibilité a fait bondir les rendements sur le marché obligataire, le taux d'emprunt à dix ans grimpant notamment lundi jusqu'à 2,88%, son plus haut niveau depuis 2014.

Cette évolution rend plus cher le coût des emprunts aussi bien pour les entreprises que pour les investisseurs et offre aux courtiers un placement désormais un peu plus rémunérateur et moins risqué que le marché des actions.

"Pendant plusieurs années, le marché des actions était un peu la seule destination" pour les investisseurs souhaitant des rendements plus élevés, "et elles sont devenues un peu sur-évaluées", a commenté Jack Ablin de Cresset Wealth Advisors.

Les marchés ont en effet enchaîné les records ces derniers mois et de nombreux observateurs prévenaient depuis plusieurs mois de l'imminence d'une correction.

"La question maintenant est de savoir si les investisseurs qui ont ces derniers mois profité de chaque mouvement de repli pour faire des achats à bons comptes vont encore une fois refaire leur apparition ou s'ils vont rester en retrait", a remarqué JJ Kinahan, spécialiste des marchés pour la plateforme de courtage TD Ameritrade.

Les coupe-circuits sont en place mais n'ont pas été enclenchés

Le système de suspension des échanges sur le New York Stock Exchange (NYSE) n'a pas été enclenché lundi malgré la vive chute de l'indice élargi S&P 500, qui est restée inférieure au palier déclenchant les coupe-circuits. Un blocage temporaire des échanges ("circuit breaker" ou "coupe-circuit") est imposé à la Bourse de New York lorsque l'indice élargi S&P 500 franchit un palier de 7% à la baisse.

Ce dernier est considéré comme le plus représentatif de la santé des entreprises américaines dans la mesure où il intègre les 500 plus grandes sociétés cotées à New York. L'indice Dow Jones, qui a dégringolé lundi d'un plus de 6%, ne comprend lui que 30 valeurs.

Au plus fort de la chute de Wall Street lundi, l'indice élargi S&P 500 a baissé de 4,49%, pas suffisamment pour déclencher ces mesures de protection.

Lorsque une chute d'au moins 7% survient (un "Level 1" selon la terminologie du gendarme boursier américain, la SEC), une pause de 15 minutes est mise en place avant que les échanges ne puissent reprendre. Lorsque l'indice accélère ses pertes et franchit la barre des 13% de pertes, soit un "Level 2", une deuxième pause de 15 minutes est automatiquement mise en place.

La SEC précise que ces deux premières limites sont imposées si le premier ou le deuxième palier sont franchis entre 9h30, soit à l'ouverture de Wall Street, et 15h25, soit trente-cinq minutes avant la clôture des échanges.

Pour que la séance soit définitivement interrompue, le S&P 500 doit afficher une dégringolade de 20% "à n'importe quel moment durant la journée de cotation", précise le New York Stock Exchange (NYSE). Une fois ce palier franchi, les échanges sont arrêtés et remis à la séance suivante.

Le pétrole chute à la clôture, aspiré par Wall Street

Le prix du pétrole a terminé en forte baisse lundi à New York et à Londres, affecté par la hausse du dollar et une chute des principaux indices boursiers à Wall Street. Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mars, référence américaine du brut, a cédé 1,30 dollar pour clôturer à 64,15 dollars sur le New York Mercantile Exchange.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a fini à 67,62 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 96 cents par rapport à la clôture de vendredi.

"Le pétrole a réagi à la combinaison d'un dollar plus fort et d'un marché actions plus faible", a indiqué Kyle Cooper de IAF Advisors.

Bien qu'elle reste sur une tendance globalement baissière depuis le début de l'année, la devise américaine se reprenait un peu lundi face à un panier de six devises étrangères.

Cette hausse a généralement pour effet de rendre plus onéreux, et donc moins attractifs, les achats d'or noir libellés dans la devise américaine pour les investisseurs munis d'autres devises.

Concernant Wall Street, "la chute des prix est liée à un sentiment de déprime assez généralisé. Les marchés boursiers mondiaux sont sous pression, confirmant que la forte hausse des prix ces dernières semaines était principalement liée à l'optimisme ambiant", ont indiqué les analystes de Commerzbank.

A la clôture du marché du pétrole, l'indice vedette Dow Jones reculait de plus de 2% en séance après avoir déjà affiché vendredi son recul le plus marqué depuis juin 2016.

"Les marchés sont corrélés et le mouvement sur les actions influence (la baisse du pétrole). Tout comme l'attente d'une nouvelle hausse des stocks américains de pétrole cette semaine", a indiqué Matt Smith, de ClipperData, en référence au rapport hebdomadaire du département américain de l'Energie (DoE) attendu mercredi.

Après dix semaines consécutives de baisse, les stocks de bruts américains ont enregistré une forte progression la semaine dernière, de 6,8 millions de barils.

Le rapport mensuel sur les perspectives à court terme du marché de l'énergie, publié par l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA) était également très attendu mardi.

Une révision à la hausse de la production américaine de pétrole "devrait être confirmée" à cette occasion, a commenté M. Smith.

Un indicateur est déjà allé dans cette direction vendredi, une nouvelle progression du nombre hebdomadaire de puits de pétrole actifs aux Etats-Unis ayant été observée.

Le nombre de puits actifs est un indicateur avancé de la production américaine.

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LES PLUS FORTES CHUTES HISTORIQUES DE WALL STREET

L'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones, a connu lundi un nouveau "lundi noir", perdant près de 1.600 points en cours de séance, du jamais-vu. Il a clôturé en baisse de 4,60%.

Voici les chutes les plus marquantes de cet indice, baromètre des marchés américains, créé le 26 mai 1896 et portant les noms de Charles Dow et Edward Jones, fondateurs du groupe de presse Dow Jones. Ces baisses brutales sont exprimées en pourcentage pour mieux en réfléter la portée sur la Bourse.

  • 28 octobre 1929 : Jeudi noir, l'indice chute de 13%.
  • 19 octobre 1987 : Lundi noir, l'indice perd 22,6%.
  • 17 septembre 2001 : pour sa réouverture après les attentats du 11 septembre, il perd 7,13%.
  • 29 septembre 2008 : subissant de plein fouet les conséquences de la crise des "subprimes" (prêts à haut risque), il chute de 6,98%.
  • 8 août 2011 : le Dow Jones perd 5,15% en réaction à la fois à l'aggravation de la crise de la dette en Europe et à la perte du triple A des Etats-Unis auprès de l'agence de notation Standard & Poor's.
  • 24 juin 2016 : le Dow Jones perd 3,39% au lendemain de la victoire par referendum des partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit).

Le Dow Jones a perdu plus de 9% en 36 minutes le 6 mai 2010, du fait d'algorithmes, un épisode baptisé "Krach éclair".

Il a par ailleurs cédé 5,66% le 14 avril 2000 en réaction à l'éclatement de la bulle internet.

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Commentaires
a écrit le 06/02/2018 à 22:20 :
Vous ne trouvez pas «  étrange » que tous les médias font au moins 3 articles là dessus et parallèlement il y a un article sur le fmi qui tire une sonnette d’alarme sur des inégalités ( en réalité ils s’en fichent comme de l’an 0) ?
Et finalement la bourse rebondit à 2% ...
Tout ceci me «  semble » artificiel et «  provoqué »
a écrit le 06/02/2018 à 17:23 :
Wall street est très largement surévaluée et un mouvement de panique comme celui-là même si ça remonte après n'est pas bon du tout. C' est comme quand un voyant rouge s'allume dans une voiture, même si c'est une fausse alerte, on n'est pas serein. A voir si il y aura une réplique, mais tout le monde se doute que la prochaine secousse peut être violente.
a écrit le 06/02/2018 à 16:11 :
Quand se rendront il compte qu'il y a une pompe a fric derrières tout ça et que cela demande de nouveaux pigeons? A moins qu'ils en soient conscient et qu'ils aiment le jeu!
a écrit le 06/02/2018 à 15:58 :
Les marchés sont volatiles ! C'est le tir aux pigeons, le turkey shoot !
a écrit le 06/02/2018 à 14:26 :
Laissons les gros perdre leur fric en bourse nous les petits il ne faut pas mettre notre fric en bourse .
a écrit le 06/02/2018 à 13:44 :
"a gagnait" ? Sérieusement ?
a écrit le 06/02/2018 à 10:09 :
Mince! Tout allait si bien pourtant, il y a quelques jours 😂😂
Réponse de le 06/02/2018 à 12:36 :
une fake news !!!
Réponse de le 06/02/2018 à 15:05 :
il est temps de mettre les coupe circuits pour stopper les ventes abusives,et interdire les vente a terme comme les chinois osent le faire.la spéculation bete et méchante a la baisse,ça suffit,labourse n'est pas un jeu
Réponse de le 07/02/2018 à 8:30 :
@Ernest Antoine 06/02/2018 15:05
Ah bon, il n'y a que les Chinois qui vendent à terme ? D'où cela sort ?
C'est nouveau
Cordialement

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