Affolement à Wall Street... le Dow Jones perd plus de 1.500 points

latribune.fr

Wall street: la maison blanche insiste sur les fondamentaux economiques "exceptionnels"
BRENDAN MCDERMID

latribune.fr

Wall street: la maison blanche insiste sur les fondamentaux economiques "exceptionnels"
BRENDAN MCDERMID
Vers 21 heures, le Dow Jones Industrial Average est descendu jusqu'à 23.923,88 points, quand l'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, perdait dans le même temps 2,65% et l'indice élargi S&P 500 cédait 3,40%. Ce repli, entamé la semaine dernière, a été déclenché par un regain de nervosité face à la hausse des taux d'intérêt.
Signe de l'inquiétude ambiante, l'indice VIX, qui mesure la volatilité sur le S&P 500, s'affichait à son plus haut niveau depuis début 2016.
L'annonce d'une augmentation significative des salaires en janvier aux Etats-Unis a en effet ravivé vendredi les craintes d'inflation et la possibilité de voir la banque centrale américaine (Fed) relever plus rapidement que prévu ses taux.
Cette possibilité a fait bondir les rendements sur le marché obligataire, le taux d'emprunt à dix ans grimpant notamment lundi jusqu'à 2,88%, son plus haut niveau depuis 2014.
Cette évolution rend plus cher le coût des emprunts aussi bien pour les entreprises que pour les investisseurs et offre aux courtiers un placement désormais un peu plus rémunérateur et moins risqué que le marché des actions.
Les marchés ont en effet enchaîné les records ces derniers mois et de nombreux observateurs prévenaient depuis plusieurs mois de l'imminence d'une correction.
Le système de suspension des échanges sur le New York Stock Exchange (NYSE) n'a pas été enclenché lundi malgré la vive chute de l'indice élargi S&P 500, qui est restée inférieure au palier déclenchant les coupe-circuits. Un blocage temporaire des échanges ("circuit breaker" ou "coupe-circuit") est imposé à la Bourse de New York lorsque l'indice élargi S&P 500 franchit un palier de 7% à la baisse.
Ce dernier est considéré comme le plus représentatif de la santé des entreprises américaines dans la mesure où il intègre les 500 plus grandes sociétés cotées à New York. L'indice Dow Jones, qui a dégringolé lundi d'un plus de 6%, ne comprend lui que 30 valeurs.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Au plus fort de la chute de Wall Street lundi, l'indice élargi S&P 500 a baissé de 4,49%, pas suffisamment pour déclencher ces mesures de protection.
Lorsque une chute d'au moins 7% survient (un "Level 1" selon la terminologie du gendarme boursier américain, la SEC), une pause de 15 minutes est mise en place avant que les échanges ne puissent reprendre. Lorsque l'indice accélère ses pertes et franchit la barre des 13% de pertes, soit un "Level 2", une deuxième pause de 15 minutes est automatiquement mise en place.
La SEC précise que ces deux premières limites sont imposées si le premier ou le deuxième palier sont franchis entre 9h30, soit à l'ouverture de Wall Street, et 15h25, soit trente-cinq minutes avant la clôture des échanges.
Pour que la séance soit définitivement interrompue, le S&P 500 doit afficher une dégringolade de 20% "à n'importe quel moment durant la journée de cotation", précise le New York Stock Exchange (NYSE). Une fois ce palier franchi, les échanges sont arrêtés et remis à la séance suivante.
Le prix du pétrole a terminé en forte baisse lundi à New York et à Londres, affecté par la hausse du dollar et une chute des principaux indices boursiers à Wall Street. Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mars, référence américaine du brut, a cédé 1,30 dollar pour clôturer à 64,15 dollars sur le New York Mercantile Exchange.
A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a fini à 67,62 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE), en baisse de 96 cents par rapport à la clôture de vendredi.
Bien qu'elle reste sur une tendance globalement baissière depuis le début de l'année, la devise américaine se reprenait un peu lundi face à un panier de six devises étrangères.
Cette hausse a généralement pour effet de rendre plus onéreux, et donc moins attractifs, les achats d'or noir libellés dans la devise américaine pour les investisseurs munis d'autres devises.
A la clôture du marché du pétrole, l'indice vedette Dow Jones reculait de plus de 2% en séance après avoir déjà affiché vendredi son recul le plus marqué depuis juin 2016.
Après dix semaines consécutives de baisse, les stocks de bruts américains ont enregistré une forte progression la semaine dernière, de 6,8 millions de barils.
Le rapport mensuel sur les perspectives à court terme du marché de l'énergie, publié par l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA) était également très attendu mardi.
Une révision à la hausse de la production américaine de pétrole "devrait être confirmée" à cette occasion, a commenté M. Smith.
Un indicateur est déjà allé dans cette direction vendredi, une nouvelle progression du nombre hebdomadaire de puits de pétrole actifs aux Etats-Unis ayant été observée.
Le nombre de puits actifs est un indicateur avancé de la production américaine.
_______
LES PLUS FORTES CHUTES HISTORIQUES DE WALL STREET
L'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones, a connu lundi un nouveau "lundi noir", perdant près de 1.600 points en cours de séance, du jamais-vu. Il a clôturé en baisse de 4,60%.
Voici les chutes les plus marquantes de cet indice, baromètre des marchés américains, créé le 26 mai 1896 et portant les noms de Charles Dow et Edward Jones, fondateurs du groupe de presse Dow Jones. Ces baisses brutales sont exprimées en pourcentage pour mieux en réfléter la portée sur la Bourse.
À lire également
Le Dow Jones a perdu plus de 9% en 36 minutes le 6 mai 2010, du fait d'algorithmes, un épisode baptisé "Krach éclair".
Il a par ailleurs cédé 5,66% le 14 avril 2000 en réaction à l'éclatement de la bulle internet.
latribune.fr