Après l'envolée de GameStop à Wall Street, la SEC enquête sur les petits porteurs lésés

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Ce mouvement inédit à la Bourse de New York a bénéficié à d'autres entreprises cotées, que les fonds d'investissement voyaient s'effondrer, notamment les salles de cinémas AMC, la chaîne de grands magasins Bed Bath & Beyond ou encore le fabricant de logiciels d'entreprises BlackBerry.
Ce mouvement inédit à la Bourse de New York a bénéficié à d'autres entreprises cotées, que les fonds d'investissement voyaient s'effondrer, notamment les salles de cinémas AMC, la chaîne de grands magasins Bed Bath & Beyond ou encore le fabricant de logiciels d'entreprises BlackBerry. (Crédits : BRENDAN MCDERMID)
Le titre de GameStop a soudainement augmenté en fin de semaine dernière quand une armée d'investisseurs amateurs, utilisant un forum du site Reddit, a décidé d'acheter massivement l'action de cette chaîne de magasins de jeux vidéo. Mais parce que des plateformes de courtage ont décidé de restreindre les transactions sur cette valeur notamment, l'autorité de régulation de la Bourse américaine (SEC) va "étudier de près les mesures prises par des entités réglementées qui ont pu désavantager des investisseurs ou limiter de manière injuste leur capacité à investir dans certaines valeurs".

L'autorité de régulation de la Bourse américaine, la SEC, a indiqué vendredi dans un communiqué "surveiller et évaluer de près l'extrême volatilité du prix de certaines actions" après la folle envolée à Wall Street de titres comme GameStop ou AMC.

La Securities and Exchange Commission va "étudier de près les mesures prises par des entités réglementées qui ont pu désavantager des investisseurs ou limiter de manière injuste leur capacité à investir dans certaines valeurs", alors que des plateformes de courtage ont restreint cette semaine les transactions sur plusieurs titres ayant connu de brusques mouvements de hausse.

"Nous agirons pour protéger les petits investisseurs lorsque les faits démontrent une activité boursière abusive ou manipulatrice qui est interdite par les lois fédérales sur les valeurs mobilières", a précisé la commission.

Lire aussi : Les turbulences de la Bourse en 2020 ont attiré plus de 400.000 novices français

Robinhood, plateforme prisée des boursicoteurs, dans le collimateur

La populaire application Robinhood, prisée des boursicoteurs et dont la devise est de "démocratiser la finance pour tous", avait décidé jeudi matin de limiter les échanges sur un panier d'actions jugées trop volatiles.

Après le tollé suscité par cette mesure, vilipendée par des élus américains de tous bords ainsi que par de très nombreux internautes, la plateforme avait annoncé "une reprise limitée des achats de ces titres" à partir de vendredi.

La presse américaine a également affirmé que l'entreprise avait levé 1 milliard de dollars auprès d'investisseurs dans la nuit de jeudi à vendredi afin de renflouer ses caisses et de permettre à ses clients de continuer d'investir dans les actions de leur choix.

Robinhood doit en effet disposer d'un certain niveau de liquidités au sein des institutions financières qui facilitent l'exécution d'ordres passés sur la plateforme. En cas de demande accrue, les sommes requises augmentent.

Lire aussi : Affaire GameStop-Melvin Capital : quand Elon Musk s'en mêle !

Jeudi soir, le patron de Robinhood, Vlad Tenev, avait pourtant assuré sur la chaîne CNBC que sa compagnie n'était pas inquiète par les sommes immédiatement disponibles.

Une horde d'investisseurs amateurs fait trembler la finance mondiale

Le titre de GameStop a soudainement augmenté en fin de semaine dernière quand une armée d'investisseurs amateurs, utilisant un forum du site Reddit, a décidé d'acheter massivement l'action de cette chaîne de magasins de jeux vidéo, dont la santé financière et les perspectives de croissance laissent pourtant à désirer.

Ces boursicoteurs se sont lancés dans une bataille contre des grands fonds d'investissement, qui avaient parié à la baisse sur le titre afin d'engranger des profits conséquents.

Le hedge fund Melvin Capital obligé de sonner la retraite

La progression de GameStop, qui s'échange sous le symbole GME au New York Stock Exchange, a en effet forcé ces fonds à racheter au prix fort des actions qu'ils avaient vendues afin de couvrir leurs pertes.

Le hedge fund Melvin Capital avait ainsi dû liquider ses positions sur GME et confirmé à des médias américains avoir été renfloué de 2,75 milliards de dollars par d'autres sociétés d'investissement.

BlackBerry, AMC... ces valeurs sous-estimées qui ont profité du mouvement

L'action GameStop, qui valait 65,01 dollars vendredi dernier à la clôture de Wall Street, a terminé mercredi à 347,51 dollars, soit une hausse de près de 435%. Elle a même culminé à 483 dollars jeudi avant de se replier vivement dans le sillage de la décision de Robinhood et d'autres courtiers.

Vendredi, elle avait repris sa course en avant et s'envolait à nouveau de près de 75% en début de séance.

Ce mouvement inédit a bénéficié à d'autres entreprises cotées, que les fonds d'investissement voyaient s'effondrer, notamment les salles de cinémas AMC, la chaîne de grands magasins Bed Bath & Beyond ou encore le fabricant de logiciels d'entreprises BlackBerry.

La FCA, le gendarme boursier britannique, sur le qui-vive

Outre-Atlantique, la très forte volatilité du prix de ces actions a fait réagir vendredi le gendarme britannique des marchés, la Financial Conduct Authority.

"La FCA est au courant de la situation et continue de surveiller de près les échanges sur les marchés au Royaume-Uni", a indiqué l'autorité boursière dans un communiqué.

"Lorsqu'ils échangent des actions dans des conditions de marché hautement volatiles, les investisseurs britanniques doivent s'assurer de comprendre pleinement les risques qu'ils prennent. Cela vaut pour les investisseurs britanniques qui échangent des actions aux Etats-Unis aussi bien qu'au Royaume-Uni", a ajouté la FCA.

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Commentaires
a écrit le 30/01/2021 à 10:41 :
Pas de quoi se lamenter : la spéculation des hedge funds qui vendent à découvert, ce que l'on qualifie d'investissement dans les meilleurs écoles, a été prise à contre pied par le petit peuple des boursicoteurs, et ce n'est que justice.
Car les hedge funds ont la partie trop facile depuis trop longtemps :
a) ils agissent vraisemblablement ensemble et personne ne leur dit rien,
b) ils trouvent aussi vraisemblablement plein de titres à se faire prêter dans les grandes conservations centralisées, ou auprès des ETF, qui font leur beurre avec ça,
c) ils n'ont personne en face quand ils attaquent les marchés puisque les règlementations en place depuis 10 ans interdisent de facto aux banques (Bâle 3) et aux assureurs (Solvabilité II) de faire leur boulot de soutien traditionnel.
Bref : c'est la nature qui se venge. Na !
a écrit le 30/01/2021 à 9:36 :
Du rififi chez les momies ! ^^

Merci beaucoup pour cette bonne nouvelle et cette information passionnante, un véritable régal à lire en plus, quand les barons de la finance rance sont tout émoustillés parce qu'un truc leur est arrivé !

C'est la première fois que les zombies de la finance sont embêtés non ? Et qu'importe le flacon pourvu qu'on ai l'ivresse ! :-)
a écrit le 30/01/2021 à 2:37 :
L'ouverture au gambling de la bourse a ete cree pour plumer l'ignorant des regles de cette organisation.
Voir les nombreux exemples dans l'histoire du capitalisme.
Les emprunts Russes en sont l'Archety
pe. Moralite, ne jouez que si vous savez ce que vous faites.
a écrit le 29/01/2021 à 18:35 :
Un seul commentaire sur cette affaire GameStop: c'est du génie !

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