Bourse : vague d'euphorie à Paris et Francfort après la baisse surprise des taux par la Fed

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(Crédits : Reuters)
Le CAC 40 et le DAX bondissent tous deux de plus de 3% après l'annonce surprise de la banque centrale des États-Unis (Fed), qui a abaissé ses taux de 0,5 point de pourcentage, juste après une réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7, dont aucune annonce concrète n'était sortie. Mais, aux Etats-Unis, cette baisse surprise, destinée à atténuer l'impact économique du coronavirus, a déclenché de brusques fluctuations à la Bourse de New York.

[Article publié le mardi 3 mars 2020 à 16:28, mis à jour à 16:51 avec détail de la baisse des taux par la Fed, à 17:06 avec brusques fluctuations de Wall Street]

La Bourse de Paris a vu sa hausse accélérer mardi après-midi, prenant brièvement plus de 3% dans le sillage de l'annonce surprise de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a abaissé ses taux de 0,5 point de pourcentage.

A 16H07 (15H07 GMT), le CAC 40 gagnait 159,8 points à 5.493,36 points, dans un volume d'échanges de 4,3 milliards d'euros.

La Bourse de Francfort accélérait sa hausse mardi après-midi, le Dax prenant plus de 3% après la baisse surprise de ses taux directeurs par la Banque centrale américaine.

Quelques secondes après l'annonce, l'indice vedette a gagné près de 200 points pour atteindre 12.272,99 points (+3,50%), et restait en hausse de 3,01% à 12214,29 points vers 15H10 GMT.

La baisse surprise de la banque centrale américaine

La Banque centrale américaine a abaissé ses taux par surprise mardi de 0,5 point de pourcentage sur fond d'épidémie de nouveau coronavirus et d'appels pressants de Donald Trump.

"À la lumière de ces risques" posés par le nouveau coronavirus, la Fed "décide aujourd'hui d'abaisser ses taux d'un demi-point de pourcentage", selon un communiqué surprise publié mardi, juste après une réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7(*), dont aucune annonce concrète n'était sortie mais qui promettait une action concertée.

Une première depuis 2008

La décision de baisser les taux en-dehors du calendrier habituel des réunions moéntaires a été prise à l'unanimité, souligne le communiqué de la Fed. C'est une première depuis la crise financière de 2008.

Les taux de la Fed se situent désormais dans une fourchette comprise entre 1% et 1,25%.

Les marchés étaient revigorés par cette annonce: à New York, le Dow Jones bondissait de 0,9% à 10H01 (15H01 GMT), et à Francfort, le Dax prenait plus de 3%.

La Fed dit également "surveiller étroitement" l'impact du coronavirus sur l'économie", mais souligne que "les fondamentaux de l'économie américaine restent solides".

Une réunion téléphonique des ministres des Finances et des banquiers centraux du G7, mardi matin, avait déçu, car aucune annonce concrète n'était sortie. Ils avaient simplement promis d'utiliser "tous les instruments" nécessaires pour soutenir une économie mondiale paralysée par le nouveau coronavirus.

Vendredi, dans un rare communiqué de presse, le président de la Fed Jerome Powell avait assuré que l'institution se tenait prête à intervenir si nécessaire face aux effets sur l'économie de l'épidémie.

Plus de 92.000 cas au total ont désormais été recensés, dont 3.127 décès et 77 pays et territoires sont touchés, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles mardi à 11H00 GMT.

Wall Street sur des montagnes russes

L'indice vedette de la Bourse de New York a fortement fluctué, bondissant avant de reperdre du terrain, mardi après l'annonce surprise par la Banque centrale américaine d'une baisse de ses taux destinée à atténuer l'impact économique du coronavirus.

Le Dow Jones Industrial Average, qui perdait près de 1% juste avant la publication de la décision, s'est soudainement redressé après la diffusion du communiqué de la Fed, prenant jusqu'à 1,4%, avant de repasser dans le rouge puis de gagner à nouveau du terrain. Vers 15H30 GMT, il prenait 0,41%.

Signe de la fébrilité des investisseurs, le taux à 10 ans sur la dette des Etats-Unis a aussi été en proie à de brusques revirements après la diffusion du document. Vers 15H30 GMT, il évoluait en forte baisse, à 1,104%.

Si les acteurs du marché avaient misé sur une baisse des taux de la Réserve fédérale face à l'aggravation des risques que fait peser la crise sanitaire, ils s'attendaient plutôt à ce qu'elle le fasse lors de sa prochaine réunion le 18 mars.

Cette mesure drastique annoncée mardi intervient après la diffusion d'un communiqué des pays du G7 qui avaient assuré être prêts à "utiliser tous les instruments appropriés" pour atténuer l'impact économique de l'épidémie de coronavirus, et en particulier à prendre des mesures "budgétaires".

Lire aussi : Coronavirus: le G7 prêt à "utiliser tous les instruments appropriés", y compris "budgétaires"

Egalement présents lors de cette réunion, les banquiers centraux du groupe des sept pays les plus riches de la planète s'étaient de leur côté engagés à "continuer à accomplir leurs mandats", c'est-à-dire à "soutenir la stabilité des prix et la croissance économique tout en maintenant la résilience du système financier".

Les acteurs du marché avaient toutefois semblé un peu déçus par ces commentaires n'offrant pas de mesures spécifiques.

"Les marchés ont paniqué, il faut voir si la population panique à son tour"

"On sait bien que tout ceci ne relève pas vraiment d'un problème monétaire mais plutôt de savoir si cette épidémie peut être jugulée rapidement, sans qu'il y ait plus d'effets négatifs sur l'économie", a toutefois souligné Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

"Pour l'instant on n'en sait rien. Aux États-Unis en tout cas, on voit juste que les marchés ont paniqué la semaine dernière, il faut maintenant voir si la population panique à son tour", relève le spécialiste.

Pour Karl Haeling de LBBW, la réaction initiale des marchés s'explique plutôt par un mouvement technique lié à des algorithmes réagissant automatiquement à la nouvelle d'une baisse des taux d'intérêt.

Car, à la question de savoir si cette baisse permettra de "compenser l'affaiblissement de la demande générée par le coronavirus, la réponse est probablement non", estime l'expert.

"Si vous ne voulez pas faire un voyage d'affaires ou aller à un concert, le fait que la Fed abaisse ses taux ne changera probablement pas votre décision, qui se fonde sur votre peur du virus."

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Commentaires
a écrit le 03/03/2020 à 19:46 :
C'est plus de la finance, c'est de l'éjaculation précoce.
a écrit le 03/03/2020 à 18:56 :
Le problème avec un fusil à 1 coup est que quand le-dit coup est parti, il faut espérer qu'il fasse mouche ... et vu le CAC ce soir, beaucoup semble douter
a écrit le 03/03/2020 à 18:25 :
0.5 point de baisse compte donc plus pour certains que quelques dizaines de morts en plus . Belle éthique .
a écrit le 03/03/2020 à 18:00 :
Cette baisse si forte de la FED est injustifiée. Ce n'est qu'une guerre déguisé de taux de change.
Réponse de le 04/03/2020 à 4:13 :
He oui, rien de plus qu'un feu de paille.
a écrit le 03/03/2020 à 17:39 :
Soit c'est de la bêtise pure, soit c'est une volonté de détruire totalement la valeur de l'argent et donc les biens trop grands pouvoirs qui l'accompagnent afin de pouvoir libérer les citoyens du monde.

A chaque fois que le pouvoir politique engraisse le pouvoir économique les deux perdent de la crédibilité. L’ennemi étant bel et bien la finance, tout le monde le sait mais personne ne le dit par intérêt.
a écrit le 03/03/2020 à 17:12 :
c'est hallucinant d'incompetence
les economies vont globalement pas trop mal, les etats unis vont bien, ont un chomage a zero, on est en fin de cycle, les actions sont au plus haut avec un deficit budgetaire au plus haut aussi ce qui est un non sens macroeconomique, et on fait une baisse de 0.5 point parce que la bourse a perdu 10% et qu'il y a 15 personnes contaminees aux usa et quelques une en quarantine?
et quand ca va ralentir pour de vraies raisons et qu'il faudra faire quelque chose avec des marges budgetaires a zero, ils vont faire quoi?
Réponse de le 03/03/2020 à 17:36 :
La décision sous-entend peut-être, en arrière plan, la fragilité de l'indépendance de la Fed vis à vis de celui qui a nommé son président, ç.a.d Trump, qui n'a eu de cesse d'arraisonner la passivité de la Fed, réclamant à corps et à cris, en dépit du contexte économique que vous mentionnez, une baisse des taux, vraisemblablement pour continuer d'alimenter la hausse globalement spéculative de la bourse américaine, qui est l'argument numéro 1 de Trump pour sa réélection (argument auquel une partie de son électorat, retraités avec une rente versée par des fonds de pension, est directement réceptive).
L'avantage étant que s'il perd, les républicains auront beau jeu de critiquer la gestion de la future crise par les démocrates, même si ces derniers disposeront de moyens assez limités.

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